mieux vivre son hypersensibilité

5 conseils pour mieux vivre son hypersensibilité

Suite à l’écoute d’un épisode du podcast Émotions sur l’hypersensibilité, j’ai partagé quelques réflexions sur ma propre hypersensibilité en story sur mon compte Instagram. J’y parlais notamment de comment l’hypersensibilité se traduisait chez moi. Suite à cette story, de nombreuses personnes sont venues me dire qu’elles se reconnaissaient beaucoup dans ce que j’avais écrit. Puis, elles m’ont aussi partagé leurs difficultés à vivre avec ce trop-plein d’émotions. J’ai voulu faire une réponse collective en partageant quelques conseils pour mieux apprivoiser l’hypersensibilité et ce que je voulais être un post court fait en fait plus de 1000 mots. Autrement dit, j’avais de la matière pour publier un article de blog. Donc le voici. Un article qui s’apparente plus à un témoignage, un retour d’expérience (même si je n’ai pas fini d’expérimenter mes émotions !).

Si j’ai découvert que ce trop-plein d’émotions avait un nom il y a 4 ans, j’ai appris à mieux vivre avec depuis plus longtemps que cela. Je pense d’ailleurs avoir pas mal avancé sur le chemin de l’hypersensibilité et aujourd’hui, je l’ai largement accepté et je la considère même comme un super-pouvoir. Alors j’ai souhaité vous partager toutes ces choses très personnelles que j’ai apprises depuis quelques années, afin de vous aider, vous aussi à apprivoiser votre sensibilité exacerbée.

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Hypersensibles, un long chemin à parcourir pour s’accepter

J’ai grandi en me sentant anormale, en décalage constant avec mes copines. Pas au point d’être à part — j’avais de très bons amis et j’ai toujours été bien entourée —, mais au fond de moi, je sentais que je niais une partie de moi pour essayer d’être comme les autres. De camoufler tous ces sentiments qui me submergeaient. J’ai eu la chance de grandir dans une famille pour qui les émotions n’ont jamais été un problème. J’avais le droit de les exprimer et ça m’a certainement aidé à mieux les accepter. Je sais cependant que dans beaucoup de familles, montrer ses émotions n’est pas une bonne chose. En tout cas, pas quand elles sont négatives. Grandir dans ce genre d’environnement quand on est hypersensible doit être très compliqué et le chemin pour se détacher de cette éducation est certainement beaucoup plus long qu’il ne l’a été pour moi. Mais n’oubliez pas, aussi profond que vous essayez d’enfouir vos sentiments, ils finissent toujours par ressortir d’une manière ou d’une autre. Le plus longtemps ils sont enfouis, le plus violemment ils jailliront. Accepter votre véritable nature est alors le chemin vers une vie beaucoup plus tranquille et des sentiments beaucoup plus apaisés aussi. Même si ça peut paraitre paradoxal.

Je vous en ai déjà parlé, mais à 15 ans j’ai découvert le théâtre et ça a été une révélation et une aide immense : enfin, j’avais un endroit où je pouvais exprimer mes émotions face à des inconnus sans me cacher. Aussi, je pouvais me servir de cette richesse à l’intérieur de moi pour faire quelque chose bien, qui me mettait en joie et dont j’étais fière de montrer le résultat. Le théâtre m’a appris à accepter mes émotions, à les voir comme une force et non plus une faiblesse ou un truc qui cloche chez moi. Et je crois que c’est ça la première clé : accepter ses émotions pour réussir à les apprivoiser.

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Acceptez toutes vos émotions exacerbées

Pour vous donner un exemple, comme beaucoup, j’ai dû passer un oral de bac et soutenir mon mémoire de master devant un jury. Et bien vous savez quoi ? Les deux fois, j’ai pleuré. Devant le jury, de grosses larmes roulaient sur mes joues. Je ne pouvais pas faire autrement. Retenir les larmes, essayer de composer avec cette boule énorme dans ma gorge était tout simplement impossible : la bouche tremblotante et la voix pincée, comment voulez-vous parler pendant 20 minutes ? Alors les deux fois, j’ai laissé mes larmes jaillir. J’ai accepté de montrer ma vulnérabilité et accessoirement de me foutre la honte devant toutes les personnes qui étaient là lors de ma soutenance. Mais le fait de tout lâcher m’a détendu et j’étais de nouveau parfaitement apte à parler et expliquer mon travail calmement. Plus de panique, plus de voix qui tremble. Alors bien sûr, le jury a été un peu déstabilisé, mais au final, je n’ai pas été pénalisé et surtout je leur ai expliqué « ne vous inquiétez pas, ça va aller mieux maintenant ».

Alors si je peux vous donner un premier conseil : acceptez de ressentir tout ce que vous ressentez. Accueillez l’émotion même si ça veut dire laisser couler des larmes ou faire éclater sa colère. Lâchez prise sur ce que les autres peuvent en penser, vous seul.e savez ce qui est bon pour vous et surtout vous seul.e comprenez ce que vous ressentez profondément.

Quand elles sont refoulées, les émotions peuvent devenir un véritable poison. On pense en être débarrassé, on pense qu’on a géré le problème comme on gère un projet d’entreprise. Mais non. Elles sont toujours là, bien enfouies et elles s’accumulent. Et elles nous empoisonnent. De toutes les manières, elles trouveront un chemin de sortie : parfois par des excès de colère, parfois par une grande déprime que l’on ne comprends pas trop ou par des addictions diverses ou des comportements obsessionnels /maladifs. D’autres fois, par des symptômes physiques : maux en tout genre, problèmes de peau etc. Et plus on se coupe de ses émotions, plus le travail à faire pour aller mieux est lourd et intense. Alors mieux vaut les laisser s’échapper dès qu’elles arrivent. On se sent mieux et on évite de s’empoisonner.

Ecoutez ce que les émotions ont à vous dire

Les émotions veulent dire quelque chose de vous, des personnes qui vous entourent, de la situation dans laquelle vous êtes. J’ai eu une période où je me mettais dans des colères noires comme jamais je n’en avais fait. Et ces colères étaient toujours dirigées vers une même personne. Elle déclenchait cela chez moi, sans le vouloir. J’ai fini par comprendre que cette personne réveillait des choses en moi que je ne voulais pas voir. J’ai fini par comprendre qu’aussi aimante et gentille que fût cette personne avec moi, mon être intérieur y réagissait d’une manière beaucoup trop violente et que ça me faisait souffrir. J’ai cherché à savoir ce qui me faisait mal exactement, et j’ai fini par comprendre. Ça m’a pris plusieurs années, mais si j’avais su écouter ces grosses colères, peut être que j’aurais évité quelques souffrances.

Quand on souhaite apprivoiser ces émotions, les relations avec les autres sont assez compliquées, surtout dans l’intimité. C’est déjà difficile de se sentir incompris au boulot et dans notre cercle familial et amical étendu, ça l’est d’autant plus quand on partage la vie d’une personne qui n’arrive pas à nous comprendre au quotidien et qui nous blâme sans le vouloir. Moi aussi j’en ai entendu souvent des « arrête ton cinéma », « quoi ? Tu pleures encore ? », « T’es vraiment une pleurnicheuse », etc. C’est très frustrant. On se sent profondément incompris. Et pour cause : les autres ne nous comprennent pas. C’est comme si on ne parlait pas le même langage. Comprendre ce qui nous arrive et l’accepter nous permet de prendre du recul par rapport au comportement des autres qui agissent plus par ignorance que par malveillance. Et puis, si vraiment c’est trop violent, si trop de souffrance en ressort, le mieux reste de prendre ses distances.

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Surtout, ne vous excusez pas d’être hypersensible

Conseil n° 3 : Ne vous excusez pas de ressentir ce que vous ressentez. Jamais. En aucune circonstance. Vous avez envie de pleurer ? Pleurez. Vous êtes en colère ? Criez-le. Vous avez été vexé.e, déçu.e, vous vous sentez incompris.e, parlez-en, expliquez ce que vous ressentez, comment vous le ressentez et pourquoi. Mais surtout, ne vous excusez pas. Vous avez le droit de ressentir tout cela. Nous sommes des êtres humains et ce qui distingue les humains des robots, ce sont justement nos émotions. Nos émotions sont notre plus grande richesse c’est la source de l’empathie et vivre dans un monde qui en est dénué, on a vu où ça nous mène et ce n’est pas jojo.

Tout le monde devrait être plus à l’écoute de ses émotions. Les nier ne fait que nous enfermer dans un malaise quotidien, on devient des robots sans empathie. Alors, ne vous excusez pas de ressentir, vous êtes vivant et ça c’est la plus belle chose que vous pouvez offrir au monde.

Prenez-soin de vous et trouvez votre exutoire à émotions

Prenez soin de vous. Ne vous flagellez pas d’avoir encore pris la mouche, pété un câble ou pleuré devant un paquet de chips vide. Ne dites pas que vous êtes ridicule. Soyez bienveillant.e envers vous-même, faites-vous des câlins et prenez du temps pour vous. Quand on gère un si grand nombre d’émotions, avoir ces moments seul.e est indispensable pour être au calme, sans être court-circuité par les émotions des autres.

Trouvez votre exutoire, votre safe place qui vous permettra de mieux vivre ces émotions, sans jugement et de vous en servir d’une façon qui vous rend fière de vous. Moi ça a été à travers le théâtre (qui a d’ailleurs été l’exutoire parfait au moment des mes grosses crises de colère) et l’écriture. J’écris beaucoup pour lâcher la pression. J’ouvre une page blanche et j’écris tout ce que j’ai sur le cœur. La musique et la danse ont le don de me mettre vraiment en joie et de me faire vibrer. Et je pleure sans gêne devant a peu près tous les films (fictions ou non) que je regarde. Je ne refrène rien et tant pis si ça fait marrer les personnes autour de moi, ça m’apprend un peu l’autodérision.

Pour moi ça passe beaucoup par l’art, comme vous le voyez. Mais ça peut aussi passer par le sport, la randonnée, la cuisine, la photographie, les sorties entre amis, les confidents, un psy, etc. Tout est bon, il suffit de s’autoriser ce temps pour soi.

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Quelques ressources pour en apprendre plus sur l’hypersensibilité

Lorsque j’ai découvert le terme « hypersensible », j’ai fait pas mal de recherches et lu quelques livres. ça m’a été très utile pour mieux me comprendre et mieux accepter. Mettre des mots sur des sentiments nous donne la possibilité de nous reconnaître dans quelque chose, de ne plus nous sentir à l’écart. Nous sommes entre 20 et 30% de la population à être hypersensibles. Vous n’êtes pas seuls. Et aujourd’hui, nous avons la chance de vivre à une époque où les émotions reprennent une place importante dans de nombreux discours. J’en profite donc rapidement pour vous partager le livre qui m’a le plus aidé il y a 3-4 ans : Je pense trop – Comment canaliser ce mental envahissant par Christel Petitcollin . Je vous préviens, ça peut faire un peu peur et surprendre quand on le lit, moi-même j’ai dû mal à me dire et me reconnaître dans tout ce qu’elle dit mais l’essentiel y est. Et ne pas se reconnaître à 100% dans le portrait qu’elle dépeint des personnes douées dans son livre, ne veut pas dire que nous n’en faisons pas partie.

Je m’arrête là pour aujourd’hui. L’hypersensibilité est un sujet qui m’intéresse beaucoup et sur lequel j’aimerais partager plus souvent mes connaissances et expériences. Si j’arrive à tenir mes engagements de publications (j’y crois !), il est fort probable que je revienne vous parler des différents aspects de l’hypersensibilité par ici :). D’ailleurs, si vous avez des questions à poser, des partages d’expériences à faire, envoyez-moi un mail ou laissez un commentaire, je serais ravie d’échanger avec vous.

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