detox digitale

Besoin d’une « detox digitale » ?

Etat des lieux de la place du numérique dans nos vies

Nous sommes chanceux, nous vivons à l’ère de l’information. En tout temps, tout lieux, nous avons accès en quelques secondes, à toute l’information du monde. Internet, nos smartphones et autres objets connectés, nous donnent un accès exclusif et non contraint à l’information globale. Ça devient presque effrayant en fait. On peut absolument tout savoir et nous sommes en permanence sollicités par de nouvelles informations, pertinentes, importantes, ou non.

Nous nous connectons en moyenne 100 fois par jour à une application ou un site web. Nous passons des heures devant nos écrans et nous avons, avec le temps, décuplé de super-pouvoirs : nous sommes capables de subdiviser notre concentration et notre esprit à l’infini. Nous avons 25 onglets ouverts sur notre ordinateur, les doigts de la main droite sur le clavier et ceux de la main gauche sur notre écran de téléphone à liker frénétiquement. Et cela peut durer des heures.

Ne mentez pas ! On connait tous ces journées où l’on s’assoit devant notre écran, où l’on commence à liker, poster, taguer et commenter et en un rien de temps, on se retrouve à allumer les lumières parce que l’obscurité de la nuit commence à nos embêter.

« On n’y voit rien ici c’est dingue ! Quoi ?? mais il est déjà 19h !? Le temps passe à une vitesse ! »

Et oui, vous vous étiez connecté peu après votre déjeuner en vous disant que vous alliez simplement faire un tour et au final, le petit tour s’est transformé en véritable randonnée numérique. Bref, vous avez passez bien plus de temps que prévu sur votre écran sans vous en rendre compte.

Et ceci semble être l’histoire de nos vies contemporaines.

Photo by Brad Neathery on Unsplash

Nous n’avons plus le temps de rien.

Nous courrons après le temps, et avons toujours l’impression d’être dépassé par les évènements. Et si je vous disais que toutes ces heures passées sur les écrans pouvaient en être, en partie, responsables ?

Avec ces flux d’informations constants, ces applications designées pour nous tenir en haleine, hyperconnectés. Coincés devant notre écran, nous n’avons plus conscience que les heures, elles, continuent de passer. Le taux d’information produit est bien plus élevé que ce que nous sommes capable d’ingurgité. Chaque jour, nous sommes gavés par nos flux, feed et autre timelines, à n’en plus pouvoir.

Dans Data Smog, David Shenk écrit : « au milieu du XXe siècle, on a commencé́ à produire de l’information plus rapidement qu’on ne peut la digérer. Jamais cela ne s’était produit auparavant. ». Et ce n’est pas près de s’arrêter. Les entreprises du numériques développent chaque jour de nouvelles techniques pour nous faire consommer de l’information à foison. Plus nous passons de temps sur leurs applications et sites internet, plus ils gagnent de l’argent. Et plus ils gagnent, plus on perd. Nous perdons du temps certes, mais aussi de nos capacités cérébrales, intellectuelles et cognitives. Et même pire, nous nous créons parfois de véritables problèmes psychologiques.

Trop d’infos tue l’info. Nous lisons tout ce qui passe sous nos yeux. Enfin, lire est un grand mot. Nous survolons l’information. Boulimiques, nous n’avons plus d’autres choix que de lire en diagonale et de travers. On ne prête plus attention aux sources, aux arguments, à la réflexion. On engloutit.

Et ça, les développeurs, rédacteurs, designers et autres entrepreneurs du web l’ont bien compris ! Alors ils nous proposent du contenu facilement ingérable, des capsules d’infos édulcorées. Ils attirent notre attention avec des titres putaclics, ils créent des flux infinis, et ouvrent la porte à la désinformation. Et nous, on mange à n’en plus pouvoir, on pense se nourrir alors qu’en fait, nous rendons notre cerveau obèse. Surchargé d’informations digitales, il n’arrive plus à trier, comprendre et analyser. Notre cerveau n’a plus le temps d’emmagasiner correctement. Et nous, de plus en plus addict, nous croyons passer du bon temps, alors qu’en fait, nous devenons victimes de notre propre jeu, hypnotisés par nos écrans.

Sommes-nous accros ?

On peut dire, aujourd’hui, qu’une partie de la population est devenue addict aux réseaux sociaux. Cette addiction n’est pas forcément signe d’une pathologie sévère mais, même si nous ne sommes pas tous atteint de la même façon, il convient de prendre un minimum de recul sur notre pratique du numérique.

  • Combien d’heures passez-vous en moyenne par jour sur vos écrans ?
  • Combien de fois, appuyez-vous sur l’unique touche de votre téléphone, juste pour voir l’heure qu’il est et si vous n’avez pas eu une nouvelle notification ?
  • Combien de messages envoyez/tweetez/postez-vous sur les réseaux sociaux par jour ?

Ces gestes font aujourd’hui tellement partie de notre quotidien que ça ne nous dérange même plus d’exposer notre vie sur les réseaux sociaux. Même pire, certains en viennent carrément à la mettre en scène. Je ne sais pas quelle est exactement la situation en France, aujourd’hui concernant le selfie et les photos instagrammable, mais je peux vous dire qu’en Asie, c’est vraiment hallucinant. Ici, les gens ne prennent même plus le temps de regarder, sans écran interposé, le monument, le jardin, leurs amis ou le paysage qu’ils ont devant eux. Ils viennent, se prennent en photo devant la chose puis repartent sans un regard ni une émotion. Le but étant avant tout de faire les choses pour pouvoir s’afficher sur les réseaux. Parfois ça devient clairement pathologique !

Alors qu’à une époque pas si lointaine on se moquait encore un peu des gens qui prenait leur plat de coquillettes au beurre en photo, aujourd’hui, ça ne nous étonne même plus de voir passer des selfies en sortant de la douche et de suivre des lives complets de la vie des gens. Et ça ne nous demande plus aucun effort d’en faire. Nous avons intégré notre smartphone comme le rallongement pur et simple de notre main et il n’en déloge pas ou peu.

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Photo by Annie Spratt on Unsplash

L’hyper-connexion n’est cependant pas exempte de risque, et on le constate chaque jour.

Nous sommes hyper connectés car nous ne voulons rien rater. Nous vivons à l’ère du FOMO « Fear of Missing Out ». Louper la dernière publication de mamie Ghyslaine ou la dernière citation des Minions à la mode serait, en effet, bien insupportable. En étant connecté, nous avons l’impression d’être toujours en lien avec nos amis. Pire, être actif sur les réseaux sociaux, recevoir de nombreux j’aimes, avoir beaucoup de followers nous incite à toujours poster plus et nous complais dans cette fausse idée que nous sommes entouré. On ne vit plus qu’à travers notre vie numérique.

Cette représentation de nous, cette mise en scène de notre vie est parfois complètement aux antipodes de notre vie IRL, celle que l’on vit vraiment. Vivre à travers nos écrans et nous projeter dans la vie des autres entraîne une perte de confiance en soi, l’isolement de la personne et cela peut même aller jusqu’à la dépression.

Nous n’en sommes pas tous là et heureusement. Nous ne vivons pas tous notre vie à travers les réseaux et c’est tant mieux ! Mais quand même, quand nos temps de connexion deviennent vraiment chronophages, ils peuvent aussi être à l’origine de notre manque de mémoire et notre perte d’attention. À force de la démultiplier, nous n’arrivons plus vraiment à nous concentrer. Et cela influe aussi sur nos humeurs.

Je crois donc que le nouvel enjeu de notre époque est de réussir à retrouver notre capacité d’attention. Pour que l’on ne se transforme pas en zombie, nous devons reprendre le contrôle du temps, de notre temps.

Pour cela, on peut envisager une désintoxication numérique, une « détox digitale » comme on dit en marketing. On essaye petit à petit, de réduire notre temps passé sur les écrans. Le but n’est pas de finir par tout arrêter, tout supprimer et revivre sans aucun outil numérique hein ! Je pense sincèrement qu’internet, les réseaux sociaux et les applications sont de véritables outils intéressants. Mais il faut qu’il y ait un rapport équilibré entre eux et nous. Comme toujours, nous devons réussir à trouver notre équilibre pour une vie connectée mais pas trop. Pour cela, il faut se concentrer sur les priorités, les réévaluer, prendre du recul sur nos pratiques et réinstaurer des démarches qui visent à diminuer nos addictions afin d’entretenir un rapport sain avec le monde digital.

Bien sûr, nous n’aurons pas tous le même niveau de connexion, certains continueront à s’exposer sur Facebook alors que d’autres supprimeront peut-être leur compte. Quoi qu’il en soit, l’idée est surtout de ne pas vivre à travers les réseaux et de faire en sorte que notre vie virtuelle soit égale à notre vie réelle.

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Photo by averie woodard on Unsplash

Detox digitale : quelques pistes pour réussir à se déconnecter

Si vous aussi vous avez envie de vous déconnecter, voici quelques petites astuces assez simples :

  • Supprimez les notifications.

Chaque jour, nous recevons des dizaines de notifications. Plus vous avez d’applis, plus vous êtes harcelé. Ce sont en partie ces notifications qui sont responsables de notre « besoin » d’aller voir ce qui se passe. Chaque minute, elles nous envoient un petit rappel, un petit signal, juste pour nous informer. Sauf que pris dans ce tourbillon infernal, on décrète que c’est important et on va voir. Il ne suffisait que de ce geste. Un slide vers la droite et nous sommes de nouveau sur notre timeline et ce qui aurait dû durer deux secondes, finit par prendre 10 minutes voir plus.

Alors si vous aussi vous vous sentez dérangé par ces notifications, commencez à faire le tri. Si cela peut vous aider, sur mon portable j’ai supprimé les applications d’information. C’est horrible le nombre de notifs qu’elles envoient par jour… pour des trucs que je ne regarde jamais. À la place, pour rester informée, j’intègre les flux RSS des sites que je veux suivre sur Feedly et je vais le consulter à peu près tous les 2 jours, le soir. C’est suffisant. Et puis de toute façon, même sans ça je reste au courant de certains trucs grâce à Twitter et Facebook. J’ai aussi arrêté les notifications de Facebook. Je n’ai même plus de petit macaron. En revanche, j’ai gardé les notifications de Messenger et celle de twitter qui sont peu importunes.

  • Fixez-vous des horaires.

Je le faisais avant de partir en voyage. J’essayais de tenir une heure après mon réveil, sans toucher mon portable. Pas tous les jours facile j’avoue. Idem le soir, j’essayais de décrocher le portable et l’ordi vers 22-23h. J’ai remarqué que je dormais mieux d’ailleurs.

  • Sortez sans votre téléphone.

Allez faire un tour, rejoignez vos amis, faites votre sport SANS votre téléphone. De toute façon, vous n’en avez pas besoin. Je trouve ça vraiment dommage quand je vois des groupes d’amis réunit qui ne se parlent pas car ils sont trop pris par leur écran. Je suis sûre qu’ils sont en train de dire qu’ils passent une excellente soirée en plus… Si vous sortez, prenez votre musique , un livre ou votre appareil photo, au pire prenez votre téléphone mais téléphonez à quelqu’un plutôt que de passer encore quelques heures de plus sur Facebook.

  • Quand vous travaillez, essayez de vous concentrer sur une seule chose à la fois.

C’est surement le plus compliqué quand on bosse sur un ordi ou sur le net. La tentation d’avoir un onglet ouvert avec ses réseaux sociaux favoris et d’y jeter un coup d’œil de temps en temps est forte. Pour éviter d’être trop éparpillée, je me force à ne faire qu’une chose à la fois (par exemple, là, je bosse sur cet article depuis plus d’une heure et je n’ai pas été voir FB !) ça améliore notre concentration, nous rend plus productif et aussi plus créatif.

Sinon, quand je fais des recherches par exemple, j’ouvre Facebook, Twitter et mes mails dans une autre fenêtre, comme ça, je ne suis pas perturbée par le petit « (3) » qui s’affiche pour m’indiquer le nombre de nouvelles notifications ou actualités que je suis en train de rater.

  • Aidez-vous à l’aide d’application/site internet qui vous permettent de rester déconnecté.

C’est un peu paradoxal oui, je vous l’accorde. Mais quand même, il y a certaines applications qui existent pour vous forcer à vous déconnecter. Elles fonctionnent comme des alarmes inversées. En gros, vous définissez une heure de fin de déconnexion. Et pendant tout ce temps-là, votre accès à certains sites ou carrément à votre téléphone est verrouillé, complètement. Radical mais certainement efficace.


Pour continuer la lecture :

Faire un régime de l’information – Mr Mondialisation

Le FOMO – Arte

 

Et vous, vous sentez-vous trop connecté ?
Avez-vous envie de passer moins de temps connecté ?
Que pensez-vous de la detox digitale ?

(On en parle dans les commentaires ! )




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2 commentaires sur “Besoin d’une « detox digitale » ?

  1. Je suis globalement d’accord mais j’ai une remarque sur ce que tu dis ici : « Ces gestes font aujourd’hui tellement partie de notre quotidien que ça ne nous dérange même plus d’exposer notre vie sur les réseaux sociaux. Même pire, certains en viennent carrément à la mettre en scène. » : la mise en scène de la vie n’a pas attendu les réseaux sociaux et, comme je l’ai lu dans un article de sociologie dont je me suis servie pour écrire un prochain article sur la digital detox, nous avons besoin de nous montrer pour exister. Ceci dit il est clair que parfois c’est tellement développé chez certaines personnes que ça en devient assez effrayant.

    1. Effectivement nous n’avons pas attendu les réseaux sociaux pour nous mettre en scène. Ce que je veux dire c’est que depuis les réseaux sociaux, tout cela est exacerbé, à mon sens, au plus haut point. Tout est optimisé, pensé, jugé, fabriqué pour que l’on paraisse toujours plus cool sur nos photos ou dans nos statuts.

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