je ne suis pas végétarienne

Pourquoi je ne suis pas végétarienne

Avant propos

J’ai conscience que l’article qui va suivre peut être choquant. J’espère néanmoins que vous saurez respecter mon avis, comme je respecte le vôtre. Mon but ici, n’est pas d’enfoncer les convictions végétariennes et antispécistes. Cet article n’est qu’un témoignage de ma réflexion actuelle, qui n’est cependant pas figée. Les problématiques du végétarianisme m’interpellent depuis longtemps, alors je vous partage aujourd’hui, ma pensée telle qu’elle est, brute, ou presque. Merci de votre compréhension.


Préambule

J’ai toujours mangé de la viande. Et j’en mange toujours. J’ai longtemps hésité à faire ce billet. Je pensais ne jamais trouver les bons mots pour exprimer ma pensée. C’est super dur d’arriver à assumer ses actes quand on a l’impression de mal faire. Ouais, j’avais vraiment l’impression de mal faire. L’impression d’aller à l’encontre de mes valeurs en mangeant de la viande. Je ne sais pas si c’est un problème de confiance en moi ou d’image de la société (ou les deux) mais quoi qu’il en soit, cette question du végétarisme m’a toujours fait cogiter.

Ce qui m’a motivé à parler, c’est cet article, lu sur Reporterre, que je vous ai partagé dans le Restons Eveillés #1. Dans ce papier, la journaliste nous explique comment elle est revenu sur son discours anti-viande. En lisant ces lignes, je me suis complètement reconnue dans sa façon d’envisager l’élevage et la consommation animale.

C’est l’histoire d’une meuf qui mange de la viande

Dans ma famille, personne n’est végétarien. Per-sonne. En même temps, la moitié d’entre elle est antillaise et là bas, le porc c’est sacré. Hors de question de ne pas manger les accras de morue ou le boudin antillais de ma grand-mère ! De l’autre côté de la famille, on ne se passe pas vraiment de viande non plus, voir même on en abuse : si chaque repas n’est pas accompagné de son morceau de viande à la crème, ça parait fade. Moi, au milieu de tout ça, j’ai toujours aimé la viande. Toutes les viandes. J’adore le poulet rôti du dimanche, je rêve d’une bonne côte de veau, j’adore le bœuf sous toute ses formes, j’attends Noël pour le foie gras et les escargots et le soir en rentrant du boulot, avec Arnaud, on était adeptes du goûter saucisson-fromage. Bref, une carnassière, une vraie.

En quittant le nid, je me suis forgé mes propres idées. Même si mes parents m’avaient mis sur quelques voies, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui partageaient des valeurs qui résonnaient en moi. Alors que pendant longtemps je me suis demandé si mon jugement était légitime ou crédible, je me retrouvais enfin face à des personnes qui me permettaient de savoir que oui, ce que j’ai toujours pensé n’était pas pure hérésie ou trop idéaliste. Avec eux, j’ai affiné mon sens critique, acéré mes arguments et déployé ma réflexion sur de nombreux sujets de société.

oeufs poule ferme
via Unsplash

Réfléchir sur sa propre consommation

J’ai aussi commencé à me positionner quant à mes démarches de consommatrice. Même si je n’étais pas prête à arrêter de manger de la viande, j’ai ouvert mon esprit à une consommation différente. Au fur et à mesure des années, l’alimentation est devenue l’une des choses que je considère avec le plus d’importance. Nous sommes ce que nous mangeons. Si on mange de la merde, on fini par avoir de la merde à l’intérieur de notre corps.

Petit à petit, nous avons donc commencé à manger de saison, bio et local. Nous avons quasiment banni les produits industriels de notre frigo ou des placards (il restait bien un pot de Nutella de temps en temps et un paquet de pain de mie de temps à autres, j’avoue), et lire les étiquettes des produits est devenu automatique. Je me souviens que certains potes se foutaient un peu de notre gueule au début puis au fur et à mesure, eux aussi s’y sont mis.

Du côté de la viande, c’était plus compliqué, c’est certain. Bien que vivant dans une région à forte production, nous n’avions ni le temps, ni l’argent d’aller acheter notre viande directement chez l’éleveur. Alors j’allais l’acheter dans mon magasin bio. Mais j’en achetais moins. Suffisamment pour 3 repas dans la semaine, pas plus.

Aller voir ailleurs ce qui s’y passe

Puis nous sommes partis en voyage. Autant vous dire direct que tenir un régime de voyage en mode « bio, local et de saison » à l’étranger, c’est impossible. On peut effectivement choisir de ne pas manger de viande (même si en Amérique du sud, dans certains endroits, c’est compliqué), mais moi, j’aime toujours la viande. À l’étranger, la viande est partout. Les vaches, les chèvres et les moutons broutent tranquilles dans les prairies, les coqs nous réveillent la nuit, les poules et les poussins se dandinent dans les villages, et le cochon vivent heureux dans la boue au milieu des habitations de fortune.

Dans nos assiettes aussi, elle est omniprésente : on mange bien plus de poulet que que je n’en ai jamais mangé de ma vie. Toutefois, c’est impossible de savoir d ‘où vient la nourriture. Les étals des marchés sont immenses et remplis de fruits et légumes de toutes les couleurs, mais nous ne pouvons pas savoir s’ils sont issus de la production locale ou s’ils viennent de chez le voisin. Alors on a mis nos convictions de côté, et depuis plus d’un an, on mange ce qu’il y a, parce que c’est plus facile comme ça.

Pendant tout ces mois sur la route cependant j’ai pu observer. Ce que j’ai vu, ce sont des petits éleveurs, pauvres qui mènent leurs bêtes au bâton sur le bord des routes. J’ai vu des fermiers, traire tous les jours leurs vaches avec amour et prendre soin d’elle. J’ai entendu des locaux nous dire qu’ici ils ne mangent pas de veau car on ne tue pas un bébé. Et au fur et à mesure des mois, je me suis demandé ce que eux deviendraient si un jour nous arrêtions toute forme d’élevage.

je ne suis pas végétarienne
via Unsplash

Une autre réalité de consommation

Je sais bien que le végéta*isme c’est plus que ça. Je sais bien que les végétariens ont choisi ce mode de vie pour des questions éthiques certes mais aussi écologiques et de santé publique. Je sais qu’il faut 10 000 litres d’eau pour 1kg de viande, je sais que nous n’avons pas besoin de manger de la viande pour être en bonne santé et je sais aussi que l’argument du simple plaisir n’est pas recevable quand on parle de respect animal. Mais même si je suis d’accord avec tout cela, je n’arrive pas à me résoudre que supprimer l’élevage est une bonne chose.

Je n’arrive pas à me dire que la fin de l’élevage profitera à tout le monde. Dans ces pays que j’ai traversé, les gens n’en ont absolument rien à foutre de savoir si ce qu’il mange est bon pour eux ou pour l’environnement. Eux, tout ce qu’ils voient, c’est de quoi se nourrir, vivre et parfois prendre un peu de plaisir. Parlez leur d’écologie, la plupart ne savent pas ce que c’est. Il suffit de voir l’état des terres pour comprendre qu’ils sont encore loin de s’imaginer l’impact que l’élevage peut avoir sur l’environnement. Et puis même, eux ne se sentiront pas concerné : ils n’ont rien à voir avec les conditions déplorables dans lesquelles les animaux d’élevages industriels sont maintenus avant de finir en paquet de 25 steaks à 5€ dans nos supermarchés. D’ailleurs, ils n’ont même pas de supermarché.

Pour eux, qui vivent dans les campagnes avec les considérations les plus simples de la vie, manger est une nécessité. Ce n’est en rien une formalité comme chez nous. C’est à ce moment là que nos convictions d’européens me paraissent dérisoires. C’est à ce moment là que je me dis qu’il y a un vrai décalage entre nous et eux. Et c’est à ce moment là aussi que je fais la distinction entre les élevages.

Elevage industriel vs élevage paysan

Avec tout cela en tête, je ne peux pas considérer que toute forme d’élevage est nuisible et fait du tort aux animaux. Là bas, dans les montagnes du Pérou ou de la Bolivie, dans les praires de l’Argentine ou dans celles de l’Indonésie, l’animal est aimé, choyé et respecté. Les usines d’abattage monstrueuses, ne leur en parlez pas, ils ne connaissent pas.

L’élevage industriel c’est de notre faute. C’est parce que nous, société occidentale d’abondance, nous en voulons toujours plus, que l’élevage industriel à été créé. L’offre et la demande poussées par les lobbys. La société capitaliste pousse les entrepreneurs les plus cupides à vouloir vendre toujours plus pour toujours moins cher. Et on se retrouve avec des bêtes maltraitées, non respectées et bourrées de médicaments. Pour moi le vrai combat, il est ici. Contre l’élevage industriel. C’est cet élevage là qu’il faut éradiquer et interdire. C’est cet élevage-là qui n’a aucune éthique.

Je comprends le combat des vegéta*iens. Mais eux, comprennent-ils ma position ? Pour moi c’est complètement impossible d’envisager un jour, l’arrêt complet de toute forme d’élevage. Mais bon, admettons. Si un jour on en arrive là, que deviennent tout ces petits éleveurs ? En Amérique du sud, comme en Europe hein. Que deviennent-il ? Pourquoi se battre aussi contre eux alors, qu’à leur échelle, ils ne font, il me semble, pas tant de mal. Pourquoi ne pas plutôt concentrer nos efforts contre les industriels, les gros pollueurs, les gros bourreaux ?

Vous me parlerez alors certainement de fait que l’élevage en soi est une forme d’utilisation de l’animal qui entre dans une logique spéciste. L’animal ne devrait pas être exploité, on en devrait pas décider qu’on a un droit sur l’animal sous prétexte que nous lui sommes supérieur. Je ne sais pas quoi dire contre cela, j’avoue. Je suis encore loin de me considérer anti-spéciste.

J’aime les animaux, je respecte les animaux, je n’ai pas envie qu’on leur fasse du mal pour rien. Mais non, ça ne me dérange pas de les manger. Ni de la vache, ni du cheval, ni du chien d’ailleurs. Je vais surement vous choquer et j’en suis désolée. Ce n’est pas dans notre culture de manger du chien, alors je n’en ai jamais mangé mais on m’en a certainement déjà servi (sans que je le sache) dans certain pays, et je ne m’en offusque pas. Je ne fais pas de distinction entre les animaux. Je n’aime pas savoir qu’on maltraite un chien, une vache ou un lapin mais ça ne me dérange pas non plus de les manger, s’ils ont été élevé pour cela.

agneaux je ne suis pas végétarien
Bon j’avoue c’est limite de mettre cette photo juste après cette phrase… Via Unsplash

Depuis la nuit des temps l’homme et l’animal vivent ensemble. L’homme élève l’animal. L’animal rend service à l’homme. Oui on peut y voir une forme d’esclavage mais moi je ne vois pas ça. Il parait que le mouton a besoin d’être tondu, les herbivores se nourrissent et entretiennent, par la même occasion, le terrain des éleveurs, les buffles, les chevaux de traits, les taureaux sont forts et puissants alors pourquoi ne pas s’en servir pour travailler la terre plutôt que d’avoir recours à des machines polluantes ? Mon raisonnement est peut-être naïf, bête voire même complètement à côté de la plaque, mais voilà à quoi je pense quand on me dit que l’élevage c’est mal. Si l’animal ne souffre pas, pourquoi est-ce mal ?

S’éduquer à une consommation responsable, locale et plus végétale

Je ne suis pas végétarienne. Et pour l’heure, je n’arrêterai pas de manger de la viande. En revanche je vais continuer de diminuer ma consommation. Je mangerai moins de viande, mais de la viande de meilleure qualité. Je boycotterai la viande du supermarché, j’irai la chercher chez un boucher, qui sait d’où viennent les bêtes et dans quelles conditions elles sont abattues. Et un jour, j’irai même directement chez le producteur et j’achèterai en une fois, ma consommation de viande pour l’année. Notre consommation de viande est bien trop élevée, il est impératif d’en prendre conscience et de viser la qualité, avant la quantité.

En attendant, j’irais acheter ce qui se fait de moins pire dans mon magasin bio. Le reste du temps, les jours sans viande, j’emprunterai des recettes et des principes aux végétaliens. Parce que, même si nous ne partageons pas tout à fait les mêmes combats, je suis bien obligée d’avouer que leurs convictions sont loin d’être ridicules et que tout le monde devraient en prendre de la graine.

Tout le monde devrait connaitre les alternatives à la viande et aux produits animaliers en général. Si nous consommions autrement, nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui sur la question de la condition animale. Ce qu’il nous faut, c’est une plus grande conscience citoyenne et une meilleure éducation à l’alimentation. Plus que de convaincre de ne plus manger d’animal, essayons, de persuader que les alternatives végétales sont sérieuses, faciles et meilleures pour la santé. Faisons taire les préjugés qui voient la nourriture végéta*ienne comme insipide et chère. C’est en changeant nos habitudes de consommation que nous ferons en sorte que les horreurs faites sur les bœufs, les poulets ou les poissons cessent. Quand il n’y aura plus de demande, l’offre changera. La solution, pour moi, réside dans un mode de consommation locale et responsable qui, de fait, sera moins dangereuse pour l’environnement, l’homme et les animaux.

 

À votre tour de me dire ce que vous en pensez, je suis sûre que vous avez plein de trucs à partager 🙂

 

 




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39 commentaires sur “Pourquoi je ne suis pas végétarienne

  1. Ouuuuh ! Vaste débat ! Mais tu en explores les tenants et les aboutissants de manière complète et objective, bravo ! 🙂
    En ce qui me concerne, je ne serais, je pense, jamais végétarienne.
    Parce que j’aime, et même j’adore la viande. Mais je n’éprouve pas le besoin d’en manger à tous les repas. Voire même pas toutes les semaines. Par contre je ne juge pas ceux qui on fait un autre choix. La seule chose qui me dérange dans ce débat actuel, c’est l’agressivité dont font preuve certains (pas tous bien sûr) végétariens/végétaliens si on a le malheur de ne pas partager leurs convictions, voir de les contredire ou de vouloir débattre.

    Je reviens sur certains points :

    – je ne sais pas ce que c’est que le spécisme, mais l’être humain est loin d’être la seule espèce qui se nourrit des productions / exploite d’autres espèces pour se nourrir. Les fourmis sont spécialistes de ça, avec les pucerons, les champignons (qui sont un groupe entre le végétal et l’animal, et des recherches très récentes montrent qu’ils sont bien plus animaux que végétaux)…. Faut-il arrêter de manger des champignons ? (je dis NON! Vive les cèpes et les bolets !)

    – tu as raison, les moutons ont besoin d’être tondus.Si on ne le fait pas, la laine s’accumule sur leur dos jusqu’à ce que son poids les blesse, ou les étouffe (ou qu’ils meurent de chaud).

    – le problème de l’arrêt de l’élevage va même plus loin. Si on ne mange plus de viande, la consommation de substituts protéinés (soja par exemple) se développera. Or, le soja est l’une des cultures qui provoque le plus de déforestation, avec le palmier à huile.

    – la production de gaz à effet de serre par l’élevage est souvent dénoncée comme l’une des plus grosses pollution de la planète. Mais le truc, c’est qu’une vache qui se nourrit en plein air, d’herbe ou de foin ne produit pas de gaz normalement (ou en quantité plus que raisonnable). Ce qui provoque les flatulences des vaches, c’est surtout l’ensilage dont on nourrit les bêtes dans les élevages industriels.

    Voilà, j’arrête ici ce commentaire fleuve, mais je te réitère mon conseil de lecture avec Un Jardin dans les Appalaches, de Barbara Kingsolver. Vraiment, elle parle très très bien de ces problématiques!

    1. Merci Marie pour ton commentaire !
      Comme toi, je pense que je ne deviendrais jamais vraiment végétarienne et comme toi, je n’ai cependant pas le besoin d’en manger tous les jours ou toutes les semaines. D’ailleurs des fois je me fais des petits défis personnels du genre « aller j’enchaine le + de repas possible sans viande ! ». Les VG ont de bonnes raisons d’avoir fait ce choix de vie et, comme toi je les respecte. Par ailleurs, je n’aime pas non plus l’agressivité de certain. D’ailleurs, une fille m’a répondu sur FB qu’elle était « choquée » en tant « qu’hypersensible et végétarienne » par mon article qui pour elle était le témoignage d’une dissonance cognitive. (En gros, j’essaye de me déculpabiliser en écrivant ce genre d’article). J’ai trouvé son commentaire pour le coup assez offensant et irrespectueux mais passons.
      Pour revenir sur les différents points :
      – Le spécisme, c’est ça : « En éthique et en philosophie du droit des animaux, le spécisme (du mot anglais speciesism de même sens) est la considération que des membres d’une certaine espèce ont des droits moraux plus étendus ou supérieurs à ceux accordés à d’autres espèces1. Notamment, la considération morale supérieure que les humains accordent à leur propre espèce, et par suite le traitement discriminatoire notamment des animaux d’élevage, de ceux destinés à l’expérimentation ou encore considérés comme nuisibles. Ce concept est surtout utilisé par les défenseurs des droits des animaux.  » (Merci wikipédia). Moi j’ai découvert cette théorie, en bolivie, durant un trek avec une minette de 20 ans qui me disait que tuer les fourmis c’était comme tuer les hommes… bref. Ton commentaire sur les formes d’élevage présentes chez les autres espèces et un argument très intéressant et très pertinent ! Merci !

      – Pour les moutons, sachant ça, l’élevage parait donc indispensable, mais dire qu’il y a besoin d’élevage ne veut pas dire cautionner ses dérives : maltraitance, perçage des oreilles, coupures, morsure des chiens etc etc

      – +1 pour le soja. Il y a un commentaire plus bas qui remarque cependant que la culture de soja « mauvaise pour la nature » est surtout destinée à nourir le bétail. Ce qui voudrait dire qu’en arrêtant l’élevage, ce type de culture devrait, en théorie, s’arrêter. Sauf que moi, je crois que ce jour là, si notre société n’a pas changé, l’industrialisation se concentrera sur les régimes VG et donc la production de soja et autres substitut végétaux souffrira, finalement, des mêmes problèmes : cultures intensives, déforestations, utilisations de pesticides etc etc.

      – L’argument des pets de vache me parait aussi un peu disproprotionné. Et encore une fois, c’est toujours en référence à l’élevage industriel.

      J’ai marqué ce livre dans ma PAL, dès que je pourrais, je le lirais ! Merci 🙂

      1. Hahaha « dissonance cognitive » ! J’ai eu des cours de psycho sociale à la fac, et on ne peut pas vraiment dire que tu en sois là ! Mais ça illustre à merveille mon propos quandje dis que « certain-e-s » sont vraiment agressifs.

        Pour en revenir au spécisme (merci pour la définition, je me coucherai moins ignorante ce soir), je suis en complet désaccord avec ce concept ! C’est justement parce que je me considère comme un animal comme les autres que je mange de la viande ! Pas parce que je pense avoir une « supériorité morale », mais bien parce que c’est la chaine alimentaire… Les autres carnivores ne se posent pas ces questions : le loup sur les biches, le renard sur les poules… C’est l’histoiiiiiiiiiire de la viiiiiie !
        Après comme je l’ai déjà dit, ça ne m’empêche pas de condamner les formes industrielles d’élevage, car oui,ça c’est faire souffrir les animaux et que les manger ne veut pas dire qu’on se moque de la manière dont ils ont vécu.

        Pour le soja, j’ai lu le commentaire et je suis d’accord. C’est ce que je voulais dire dans ma première intervention. Alors OUI, pour l’instant le soja pour lequel on déforeste est destiné aux animaux d’èlevage. Mais je suis d’accord avec toi. S’il n’y avait plus d’animaux d’élevage, ce soja serait « réorienté » et destiné à… notre alimentation à nous.

        Tiens moi au jus quand tu auras lu le bouquin, je serais curieuse d’avoir ton opinion 🙂

    2. Hello ! je me permets de te répondre sur plusieurs points !

      D’abord, tu parles de certains végés (je vais dire comme ça sinon on en a pas fini XD) sont agressifs mais vous n’imaginez pas le nombre de non végé qui le sont…Et ça, ça m’énerve. On se fait juger, insulter, etc au moins autant. Et comme j’aime le dire, les cons il y en a partout, qu’ils mangent de la viande ou pas x)

      Ensuite pour les moutons, dans la nature, ils se retiraient la laine tout seul en passant dans les buissons, les arbustes etc. Du coup, l’élevage n’est pas du tout obligatoire pour eux.

      Pour le soja, 75% de l’exploitation de soja est…pour la viande. C’est ça qui nourrit le bétail et c’est pour ça que les forêts disparaissent. Donc non, si on arrête l’élevage, il n’y aurait pas d’accroissement de la culture du soja. on utiliserait la même quantité mais pour nourrir tout le monde par exemple, voire on exploiterait moins de terre !

      Voilà, j’avais besoin de « contrer » certains de tes arguments et je comprends très bien que vous puissiez penser comme ça. Les lobbyistes adoooorent nous le rappeler. Sauf que c’est complètement faux… Je cherche pas à faire la morale ou quoi que ce soit, je voulais juste t’informer de certains points ! 😀

      Bonne continuation 🙂

        1. C’est dommage que tu n’ais pas répondu au reste de mon commentaire….

          Mais là (dans l’article), il est question d’un mouton élevé et éduqué pour sa laine. C’est normal ! Je te parlais des moutons « anciens » et de base. Pour dire que de base et originalement les moutons se débrouillaient sans l’homme.

  2. De nos jours, pas facile de crier haut et fort que nous sommes carnassiers. Ton article est osé ! J’espère que tu auras beaucoup de commentaires pour avoir les arguments de chacun sur ce sujet.
    Les tiens tiennent la route.
    Pour ma part, pendant 50 ans, je ne me suis jamais posé la question du bien ou du mal sur la cause animale, je l’avoue. Par économies, j’allais faire mes courses au supermarché bon marché du coin, avec tout ce que cela implique de mauvaises choses. Par contre, tu le sais, j’ai toujours évité d’acheter des produits tous faits. A nous le fait maison ! même avec de la viande d’élevage et des fruits et légumes produits sous serre à moindre coût. Depuis notre installation à la campagne, tout a bien changé ! Je continue à acheter de la viande bien sûr (table d’hôtes oblige .. nous ne sommes pas référencés comme table végétarienne, bien que nous la proposons à qui le demande), mais quel bonheur de savoir que tous nos produits sont locaux et que nos producteurs s’assurent du bien être de leurs animaux ou de leurs fruits et légumes. Depuis que nous vivons dans notre joli Parc Naturel Régional, c’est tellement plus facile de se faire plaisir avec de bons aliments (souvent bio) beaux et sains. Nous sommes sensibilisés aux élevages intensifs et aux pesticides à outrance (merci à Raymond, notre producteur de jus de pommes bio, qui nous explique pourquoi c’est mal).
    Bref, je ne m’imagine même plus faire mes courses au supermarché !
    Et comme toi, je continuerai à manger la viande du petit producteur local, car sans nous, il ne survivra pas ….

    1. Figure toi que l’article a été plutôt bien reçu. A part un ou deux commentaire de personnes « choquée », tout le monde à our le moment été plutôt bienveillant et tolérant ! Ton cas, est particulièrement parlant. Dans les campagnes françaises, de plus en plus d’éleveurs ont recours à l’élevage paysan. Je me souviens de ta « voisine » et de sa petite ferme, et à ce moment-là, je me dis que l’on peut très bien aimer les animaux et les faire tuer. ça serait d’ailleurs super intéressant d’avoir son témoignage sur ces problématiques VG. Savoir ce qu’elle en pense et ce qu’elle répond ! Un jour j’irais faire un reportage là bas ! 🙂

  3. Tandis que je vais de plus en plus, de façon personnelle vers une révolte absolue à l’encontre de l’exploitation animale (je crois qu’on en viendra à répondre un jour des massacres, pour moi il n’y a pas d’autres mots, qu’on commet et on en aura sans doute honte, ça, c’est ma conviction intime), j’ouvre de plus en plus la notion de Tribu – et le Mag – à des non VG / non véganes et je trouve que le concept s’enrichit de cette ouverture et de refuser l’enfermement dans le « tout semblable ».

    En lisant ton billet, je m’aperçois également que toute ma réflexion (et ma révolte) sont vraiment centrées sur l’exploitation occidentale des animaux. Selon moi, l’Occident peut stopper (en premier lieu dans son acception « de masse ») toute exploitation animale. Après, les écosystèmes peuvent être totalement différents ailleurs, et reposer sur d’autres équilibres (ce qui n’empêche nullement que certaines situations lointaines me prennent aux tripes).

    Ces discussions reviendront souvent au sein de la Tribu et le fait de discuter fait avancer les situations (tandis que si on divise les gens et que chacun parle à sa propre communauté « semblable », on ne peut aller très loin ensemble : les véganes se confortent entre eux, les non véganes se confortent entre eux… et la société n’évolue pas. Il faut vraiment, vraiment, qu’on avance ensemble, et qu’on trouve pour s’unir des concepts plus larges : devenir meilleurs ensemble, ça, c’est mieux.

    1. Je suis complètement d’accord avec toi Yael. Ces problématiques, sont avant tout occidentales. Et je crois que beaucoup de personne l’oubli. C’est pas leur faute, mais celle de la société ethnocentrée dans laquelle nous vivons. Ensuite, je te rejoint aussi sur le fait d’accepter l’autre même s’il ne partage pas à 100% mon avis. Nous sommes tous doté d’une réflexion différentes qui vient de notre parcours, notre environnement, nos valeurs etc. On en peut pas exiger de l’autre qu’il me rejoigne à 100% sur tout. En revanche, nous pouvons identifier nos combats communs et commencer par là.

  4. Bravo pour ce bel article et ton ressenti sincère alors effectivement tout cela est un vaste débat et je partage ton point du vue que c’est le « trop » et le « n’importe quoi » qui font que les dérives sont nombreuses. Soyons raisonnés et le reste suivra, c’est un peu pareil pour tout…

    1. Oui c’est un peu pareil pour tout. C’est pour ça que je milite, avant tout, pour un mode de vie responsable. On se pose les bonnes questions : est-ce que dépenser mon argent à tire la rigot dans des biens matériels est bon pour moi ou pour les autres ? Si tout le monde fait comme moi, où en arrive-t-on ? Là où nous sommes aujourd’hui : élevage et culture intensives, déforestation, peu de considération pour la vie, dogme de l’argent, etc etc. Ce que je dis dans cet article est aussi valable pour la consommation en générale. Je crois sincèrement que nous devons nous rapprocher du minimalisme pour remettre l’humain au coeur de nos considérations, et plus l’argent.

  5. Salut,
    Personnelement, je suis végétalienne par conviction éthique. Ce qui me gène, c’est que chacun expose son avis sur le sujet en fait. Pourquoi, tout simplement, ne pas laisser chacun faire ce qu’il veut ? Pourquoi trouver encore un sujet pour diviser les gens ? Tu vois, je m’en fiche que tu manges de la viande, tu fais ce que tu veux, mais il faut aussi me laisser tranquille si j’ai fait le choix de ne pas en manger. Je ne dis pas ça pour toi, c’est un « tu » de généralité. C’est juste que je ne supporte ni les carnistes qui font du prosélytisme, ni les végéta*iens qui en font… Chacun son truc, et laissons nous vivre !
    Cela dit, ton article est très intéressant 😉 Bises. Elodie.

    1. Je suis bien d’accord avec toi. Une filel m’a dit qu’elle était « choquée » par ma position. A part me sentir nulle et honteuse, je ne vois pas ce que ça apporte au débat. Comme tu le dis, en vrai, au fond, on s’en fiche de savoir qui mange de la viande et qui n’en mange pas. Par contre, c’est intéressant de savoir où se rejoignent nos convictions pour que l’on puisse mutualiser les combats et être encore plus forts.

  6. Effectivement, notre consommation et celle des pays que tu as visité qui font de l’élevage paysan, ce n’est pas pareil. Mais au final, il s’agit toujours de prendre une vie. Pour moi (et je sais c’est extrême aujourd’hui de mettre sur un pied d’égalité) c’est comme si un.e cannibale disait qu’il avait laissé son humain.e vivre quelques belles années en plein air avant de le.a. découper. Jamais un végane sensée ne dira qu’il faut empêcher les gens de manger de la viande, il y a des endroits où c’est évidemment impossible. Je pense aux inuits notamment.
    En revanche, nous, nous avons cette chance d’avoir le choix. Rappelons que le soja qui déforeste est celui qui nourrit le bétail. Celui pour la consommation humaine vient… de France ou d’Italie. On peut aussi tout à fait se passer de ces substituts (les légumineuses c’est génial !) ou les réaliser avec des produits de nos régions, c’est le pari du Boucher Vert par exemple.
    Ce qui m’étonne beaucoup avec les moutons, c’est que je me demande comment ils sont apparus sur terre et comment ils ont survécu avant qu’on se dise : tiens, je vais le tondre… Aujourd’hui, les races sont sélectionnées pour produire beaucoup de laine. https://antigone21.com/2013/01/23/touche-pas-a-ma-laine-2/
    Je comprends tout à fait vos réflexions et questionnements, j’en suis passée par là aussi 😉 Ce qui est bien c’est que dans cet article vous restez tolérante. Je crois vraiment que l’offre peut changer. Notre société évolue et nos métiers avec. On ne mettra pas les éleveurs et les bouchers à la porte, on doit être ensemble pour le changement. 😉

    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Il faut de toute façon, et là dessus nous sommes d’accord, changer notre consommation. Je mange de la viande, certes, mais je sais aussi m’en passer et aller piocher du côté des VG pour manger des choses bonnes et équilibrées sans viande. Je suis ouverte à toutes les alternatives (sauf celles qui me font prendre des produits fabriqués pour combler un manque) mais cela ne m’enpêche pas d’aller manger un bon morceau de viande chez ma mère. Ma réflexion évoluera certainement, mais aujourd’hui, elle en est là.

      1. Laure : De quel produit fabriqué pour combler un manque parles-tu ? Je trouve que réfléchir à sa consommation est une bonne démarche et comme je l’ai dit avant, tu as une belle ouverture d’esprit qui permet la discussion. C’est ça qui fait avancer les choses aussi 😉
        Mademoiselle Bambelle : Oui, avec la sélection génétique j’imagine que ce n’est plus vraiment possible. Dans l’article d’Antigone, il ne s’agit pas de la France car comme elle le dit la grande majorité de la laine utilisée provient d’Australie et non de France, même pour les produits que nous retrouvons chez nous. La laine des vêtements que nous achetons a de très fortes chances d’avoir été produites dans ces conditions…
        J’avais discuté avec une dame qui filait la laine et elle m’expliquait qu’elle la récupérait gratuitement car ce n’est pas rentable pour les éleveurs en France de la vendre la plupart du temps. Elle coûte moins cher en venant de l’étranger…
        Pour le coup, non, on ne tue pas nécessairement un mouton pour produire la laine surtout si c’est fait délicatement sans pression de rendement, mais ils servent à l’alimentation humaine à un moment. C’est comme pour le lait, on ne tue pas la vache, mais à un moment donné, il lui faut un veau pour produire le lait. Dans un monde idéal, on laisserait le petit sous sa mère, mais on se retrouverait vite avec trop de vaches et de taureaux.
        Après, c’est une question de point de vue, c’est comme pour le cuir. On peut aussi se dire que c’est ne pas faire de gâchis. Pour moi, c’est encourager le spécisme. Il n’y a pas forcément besoin qu’il y ait maltraitance pour que nous refusions de l’utiliser, il s’agit plutôt de ne plus voir les animaux comme une ressource. Par exemple, on attend rarement quelque chose de notre chat ou de notre chien.

    2. Gwen, je me permet de te répondre sur la laine des moutons. Effectivement, à l’apparition sur terre des ancêtres de nos moutons actuels, ils n’avaient probablement pas besoin d’être tondus. Seulement maintenant, après plus de 10 000 ans (débuts de l’élevage) de sélection, ces moutons « ancestraux » n’existent plus. Et stopper l’élevage des moutons signifierait, en fait, tous les laisser mourir de chaud sous le poids de leur toison.

      J’ai été lire l’article que tu nous mets en lien, et je trouve dommage qu’il n’évoque pas du tout le fait qu’en France, la plupart des moutons sont tondus par des tondeurs itinérants qui soit récupèrent la laine, soit la laissent au propriétaire qui la traitera/la vendra lui même. Des associations de protection des animaux de ferme procèdent aussi comme ça. Je ne trouve pas que ça soit de la maltraitance. On n’est pas obligé de tuer les moutons pour récupérer la laine.

  7. Très chouette article, bien argumenté et effectivement un peu en décalage par rapport aux tendances 😉 Cela dit, perso je suis une grande gourmande, et consommatrice de viande. Je pense qu’en effet le débat d’aujourd’hui est plus dans « Comment bien consommer ? Respecter nos agriculteurs locaux, qui du coup respecteront l’animal » Eviter la surconsommation et surtout arrêter les « clichés ». Vegan, « Gluten free », Bio etc… aujourd’hui, c’est la surenchère de ce qui est « mieux ». Je pense que chacun doit consommer en fonction de ses propres valeurs et arrêter de vouloir convaincre les autres.

    1. Tout à fait. Nous ne vivrons jamais en parfaite harmonie avec tous la même façon de pensées, les mêmes idées et les mêmes valeurs alors autant commencer dès aujourd’hui à l’accepter. et plutôt que de se battre contre ceux qui partagent une partie de nos idées (et qui pourront, avec le temps, les faire évoluer), battons-nous contre ceux qui sont en opposition totale et qui ne réflechissent qu’à travers le profit et l’argent.

  8. Merci pour ce bel article ! Cela fait quelques mois que je pensais écrire sur le sujet mais je ne savais pas comment tourner les choses ! Tu as fait cela de main de maitre, avec délicatesse et intelligence. A défaut d’avoir écrit cette perle, je le partage…

  9. Intéressant mais pour moi, il y a quelques « faiblesses » dans ton argumentation. Quand tu dis « que vont devenir ces petits paysans », on aurait aussi bien pu dire « que vont devenir ces petits mineurs » quand l’industrie du charbon a commencé à décliner. Je trouve que c’est aussi une pirouette pour faire accepter à son esprit que finalement, manger de la viande, c’est une bonne chose, ça aide les gens.
    Tu fais très bien la distinction entre les élevages, ce avec quoi je suis bien d’accord, mais comme tu le dis si bien, c’est la faute de « notre société » si on en est là, c’est donc à mon sens à nous de réparer nos bêtises. Evidemment, tu ne va pas demander à un paysan qui élève ses bêtes pour nourrir sa famille d’être végétarien, lui qui a toujours fonctionné comme ça, à son échelle, sans faire de mal à personne. Mais en tant qu’européenne, participant à une société de consommation et ayant contribué à mon échelle au désastre écologique auquel nous faisons face, je me sens responsable.
    Je ne suis pas non plus végétarienne, mais je surveille fortement ma consommation de viande et chaque fois que j’en mange, c’est en pleine conscience du mal que je fais à mon environnement. Peu de gens ont la force mentale d’être végétariens (du moins quand ils ont été habitués comme nous à manger de la viande quasiment tous les jours) mais le fait que ce soit « à la mode » permet à beaucoup de réfléchir à leur consommation et de l’adapter. Je ne penses pas qu’on peut être assez radical pour dire qu’un jour il n’y aura plus aucun élevage (du moins pas durant ce siècle). Par contre, si on laisse aux petits paysans leur viande et que les pays qui ont créé cette situation catastrophique d’élevage intensif diminuent drastiquement leur consommation, ce serait top!
    Pendant plusieurs décennies, les végétariens ont été traités comme des fous ou des abrutis, pour l’instant ils sont un peu plus respectés et écoutés et c’est tant mieux! Qu’on adhère à 100% ou à 50%, il ne faut pas nier que cette philosophie nous influence dans notre réflexion sur la consommation.

    1. Merci pour ton commentaire constructif. Pour répondre à propos du « déclin des paysans », effectivement, personne ne s’est soucié du sort des miniers mais ce n’est pas une raison pour faire la même chose avec le agriculteurs. Après, on pourrait faire, comme le préconisait par exemple JLM avec la transition hors du nucléaire, « recycler » les éleveurs pour qu’ils ne perdent aps leur emploi mais participent à une autre démarche. On pourrait, mais aujourd’hui ce n’est pas ce qui va se passer.
      Effectivement, on devrait se sentir responsable. Mais personnellement, faire attention à ma consommation et choisir mes circuit de consommation locale et responsable permet de me dire que je ne participe plus à l’irresponsabilité. Comme toi, je surveille ma consommation et il est là mon effort de citoyenne.

  10. Merci de partager tes pensées et réflexions Laure ! Je passe de temps en temps sur tes blogs et c’est toujours un plaisir de te lire.
    A une prochaine, à Avignon ou quelque part dans le monde, pour refaire le monde 😉

    1. Merci Ariane ! Venant de ta part, ça me fais très plaisir ! Je te souhaite un bonne continuation avec ton très beau projet, peut-être qu’un jour nous collaborerons toutes les deux, qui sait ? 😉

  11. Bonjour 🙂 Je suis une végane (toute récente) qui a eu l’occasion de travailler avec des éleveurs et des chasseurs… alors je connais bien et comprends ton point de vue. Je pense que ces questions sont assez complexes et souvent traitées de façon trop simpliste, ce qui ne facilite pas vraiment les discussions, c’est le moins qu’on puisse dire. L’utilisation de produits animaux et l’élevage de manière générale est vraiment liée à des affects très forts, et quand tu dis « je ne peux pas me résoudre à », je pense que tu illustres bien ce phénomène : même si l’éventuelle transition se ferait sur le temps long, on parle quand même d’un changement de société de grande ampleur, et donc de renoncer à des repères de longue date. En ce qui me concerne, j’ai pensé un peu comme toi à un moment, et puis la découverte du fait qu’on pouvait vraiment se passer des produits animaux du point de vue nutritionnel m’a fait basculer. Tu as raison de souligner que les enjeux se posent autrement dans d’autres endroits du monde, mais à la base j’ai fait ce raisonnement assez simple : 1) la production de viande et de lait induit toujours de la souffrance à un moment ou l’autre 2) je n’aime pas savoir que des animaux meurent ou souffrent alors qu’on pourrait l’éviter 3) nous avons les moyens matériels et mentaux -pour la plupart d’entre nous- qui permettent de se passer de ces produits 4) donc logiquement le choix cohérent pour moi est de m’en passer. Ensuite il y a le passage de la théorie à la pratique bien sûr. Et je reconnais volontiers que certains sujets comme la place de l’élevage dans l’aménagement du territoire ou la gestion de populations d’animaux sauvages sont plus délicats que la simple question de la consommation de viande. J’ai eu l’occasion de creuser un peu ces sujets à la fois dans mes études et à titre personnel, je serais ravie d’en discuter et/ou d’avoir tes retours sur les quelques articles de mon blog qui évoquent ça ! à bientôt 🙂

    1. Tout d’abord je te remercie pour ce commentaire d’une part très pertinent, intéressant et d’autre part dénué de jugement !
      Les 4 points que tu soulèves, me paraissent complètement pertinents, mais aujourd’hui, n’arrivent pas à me faire basculer vers, ne serait-ce que, le végétarisme. Pour moi, ce changement de société est impossible, alors comme je n’ai pas envie de me priver de quelque chose que j’aime, je préfère réguler ma consommation, plutôt que de me l’interdire. Et comme tu dis, certaines questions dépassent la simple consommation de viande, je relie cela aussi au fait que ce soit, avant tout, un problème très européen.

      1. Je t’en prie, je pense que c’est essentiel d’arriver à communiquer correctement là dessus, ou alors mieux vaut s’abstenir. Je distingue (un peu mais pas entièrement) mon choix éthique individuel qui consiste à mettre mes actes en cohérence avec mes convictions, et l’aspect lutte politique qui se fait sur le temps long et englobe bien d’autres aspects que la consommation de viande. Pour moi le fait que ce soit un problème très européen n’entre pas vraiment en compte : les choix éthiques sont par définition contextuels, dans notre contexte à nous cette question se pose depuis que l’on sait pouvoir couvrir tous nos apports nutritionnels autrement (donc depuis seulement quelques décennies, c’est très récent finalement !!). Ailleurs non, donc il n’est évidemment pas question d’aller importer de force ce débat là où il n’a pas de sens 🙂 ma question de curiosité serait : est-ce qu’il y a des éléments qui, s’ils changeaient, seraient susceptibles de te faire changer d’avis ?

        1. A l’heure d’aujourd’hui, je ne suis pas certaines que certains éléments me feraient changer d’avis. Le truc c’est qu’aujourd’hui, je ne vois pas l’élevage comme quelque chose de mal. Et même si tuer implique une forme de souffrance, en vrai, ça ne me touche pas. On tue la vache pour manger sa viande, de la même façon qu’un renard va tuer des poules ou qu’un lion tuera des antilopes. Je ne vois pas pourquoi je devrais me sentir mal de manger de la viande. Tu vois ?

          1. Oui je vois bien, je pense que c’est la position majoritaire. Et j’ai pensé ça aussi longtemps, forcément. Mais c’est honnête de ta part de reconnaitre que c’est en partie parce que ça ne te touche pas. Pour ma part, j’ai un peu évolué au fur et à mesure et actuellement je suis assez d’accord avec l’idée (développée par certains philosophes) que ce n’est pas tant une question d’empathie que de justice. En d’autres termes ils considèrent que même si tu ne ressens rien de spécial, il y a des critères qu’on peut mesurer pour appréhender les conséquences des différents choix. Dans l’exemple que tu donnes, la différence majeure est quand-même que le renard et le lion n’ont pas le choix, eux. Et il y a sûrement un tas d’autres comportements qu’ils ont et qu’on ne voudrait pas avoir… S’ils ont des comportements violents (agressivité, formes de viols, meurtre des petits de leurs concurrents etc), on ne va pas se dire « je ne vois pas pourquoi les humains qui tuent devraient se sentir mal, après tout les animaux le font aussi ! ». C’est une pente assez glissante à mes yeux, même si je comprends cette réaction spontanée. J’ai le sentiment que pour la plupart des gens, on utilise la proximité avec les animaux quand ça nous conforte dans nos habitudes, et au contraire quand ça nous arrange on s’en éloigne. Donc on va entendre des parents dire « ah mais c’est dégoutant on est pas des animaux » si les enfants font n’importe quoi avec la nourriture ou se ruent dessus, et par contre à l’inverse quand il s’agit de manger, là on décide d’être des animaux… je ne sais pas si je suis super claire dans mes explications, mais c’est le sentiment que ça me laisse régulièrement

      2. Je vois ce que tu veux dire quand tu dis que tu considères que le changement de société est impossible donc que ça ne sert un peu à rien… Mais en même temps, si tous les militants s’étaient dit la même chose pour d’autres luttes, peut être que la société n’aurait effectivement pas changé 🙂 c’est nous qui la faisons changer par des luttes collectives après tout… dans tous les cas ce type de transition se fait sur un temps très long, et va se superposer à d’autres bouleversements je pense, si ça a lieu

        1. C’est vrai que si tout le monde pensait comme ça, on aurait pas été beaucoup avancé… Mais quand je dis ça, je pense surtout au fait qu’on pourrait tous se réunir sur certaines luttes plus « accessibles » comme le droit de consommer responsablement. Pour moi, la question de la consommation de viande pourrait venir après. J’ai l’impression qu’en gros y’a les combats VG : contre toutes formes d’élevage et de souffrance animale, d’un côté, et les autres combats, de l’autre, dont on entend moins parler. Alors qu’à mon sens, le premier pas vers un monde plus respectueux c’est d’abord de prendre conscience doù vient la viande, des conditions d’élevage et de faire changer les mécanismes de consommation à cette échelle en consommant plus responsablement : animaux bien traités et pas sur exploitée, consommation de viande réduite en gros.

          1. Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’il faut aussi faire front commun sur ce type de luttes, et plus largement sur les luttes politiques (les inégalités face à la consommation par exemple). Je pense en parler dans un prochain article d’ailleurs, entre autres… Il y a plein d’aspect que je lie à mon choix du végétarisme (véganisme maintenant), et je ne pourrais pas les séparer ! dans tous les cas comme tu dis on a intérêt à déjà parler de tout ça, à faire preuve de transparence au moins, pour que chacun aient les informations pour faire ses choix

  12. Ton débat intérieur si je puis dire (quand tu écris que tu as l’impression de mal faire et d’aller à l’encontre de tes valeurs intérieures en mangeant de la viande) vient peut-être du fait que ta dissonance cognitive commence à s’effriter ?

    Je ne vois pas les choses comme la personne qui t’a dit que tu essayais de justifier ta dissonance cognitive (et ce n’est pas une insulte que d’avoir une dissonance cognitive hein : on a tous une au départ – sauf les végétariens de naissance – car nous sommes conditionnés ainsi par la société et notre éducation ^^) : pour moi le fait que tu te poses des question sur le sujet, ce qui est bien plus que la plupart des gens, est le signe que quelque part ce sujet-là te préoccupe 🙂

    L’argument de la chaîne alimentaire que j’ai vu passer dans les commentaires… Désolée mais non, il est valide pour les animaux parce qu’ils n’ont pas le choix mais il ne l’est pas pour nous qui l’avons ^^
    Ca c’est typiquement un argument qui sert à justifier sa consommation de viande. Vous mangez de la viande, c’est votre choix, mais utiliser des arguments tels que celui-ci pour justifier ce fait, cela s’appelle de la malhonnêteté intellectuelle. Pourquoi se justifier d’ailleurs ? Pourquoi ne pas assumer le fait de manger des animaux tout en sachant que c’est mauvais pour eux, la planète et l’humanité ? Par exemple, je suis accro au Coca Light, je sais que c’est très mauvais pour moi, eh bien j’assume d’en boire quand même, je ne me cache pas derrière des arguments tels quels « oui mais c’est zéro calorie ». Pareil pour les produits laitiers et les œufs : je sais qu’en continuant à en consommer je participe encore à l’exploitation animale eh bien je le dis tel quel, en n’étant que végétarienne, je continue à participer à l’esclavage des animaux, je ne me cache pas derrière des prétextes tels que « oui mais les poules pondent de toute façon ».

    En tant que végétarienne c’est ça qui m’agace le plus chez les omnivores : pas qu’ils continuent à être omnis, mais qu’ils essaient par tous les moyens de justifier cela par des arguments intellectuellement malhonnêtes (et parfois scientifiquement faux).

    L’argument qui consiste à dire « oui mais et les éleveurs, alors ? » n’est pas valide pour moi, car ainsi que je l’ai expliqué sous un article précédent une évolution globale vers le véganisme impliquerait alors une refonte totale des systèmes agricoles. Naturellement j’ai bien conscience que la transition se fera plus facilement et plus rapidement dans certaines régions du globe que dans d’autres. Car je suis d’accord avec toi quand tu dis que c’est bien plus facile de penser comme je le fais en étant une Européenne privilégiée qu’une habitante d’un pays en voie de développement.

    Je ne suis pas d’accord avec l’argument qui consiste à dire qu’il est impossible que quelque chose change. De nombreux grands changements dans l’histoire de l’humanité ont commencé ainsi, par une minorité de personnes qui y croyait.

    Le flexitarisme, c’est-à-dire consommer de façon plus raisonnée, est un premier pas : si tout le monde pouvait emprunter ce chemin-là ce serait déjà une grande avancée. Néanmoins, pour moi le végétarisme, et même le véganisme, sont à terme la seule issue possible pour la planète et l’humanité, pour des raisons éthiques, écologiques et de santé. Et je suis persuadée qu’on y a arrivera, de gré ou de force, parce que si nous continuons ainsi, un jour nous n’aurons plus d’autre choix que de tous être vegan. Dans plusieurs siècles, les gens se moqueront de nous en apprenant que nous mangions et exploitions les animaux 🙂

    Bref j’espère que je ne semble pas trop virulente dans mes propos, je tiens à préciser que je ne juge pas les omnivores (ce que je juge, comme je le disais plus haut, c’est leur mauvaise foi ^^), en ayant été une moi-même pendant 33 ans et demi – sans compter qu’hormis quelques copines et connaissances plus éloignées, tout mon entourage est omni. Je pense sincèrement que la voie vers le végétarisme/veganisme est un cheminement personnel qui doit se faire au rythme de chacun. Cependant je crois qu’il est nécessaire d’éduquer et d’informer les gens sur tous ces sujets parce que je suis convaincue que plus de personnes seront éveillées à ces problématiques, plus il y aura de végés sur Terre 😉

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