Restons Eveillés #1 : Dictature numérique, combats de femmes, de viande & de grosses boules.

Cette semaine, ce sont 4 articles que je vous propose de lire. Ils portent tous sur des sujets différents mais ils m’ont tous interpellée. Chacun de ces articles, reflète une particularité de la société qui me questionne. Au programme donc de cette première édition de #RestonsEveillés : Le totalitarisme numérique, l’intersectionnalité, ne plus être végétarien et le « manspreading ».

Pour chaque article, je vous propose de lire un extrait, puis de découvrir pourquoi je l’ai choisi et enfin vous trouverez le lien pour lire l’article à votre tour, si j’ai réussi à piquer votre curiosité (ce que j’espère !).

Bonne lecture !

NB : les articles ne sont pas forcément récents.
Mais c’est ce qui est beau avec internet, on peut aussi découvrir de « vieilles » pépites

 

Le Monolecte – Totalitarisme Numérique

dictature numérique
via Unsplash

Extrait :

« Soyons clairs : personne n’aime vraiment les démarches, la paperasse, les formulaires, les procédures et toutes ces petites contrariétés normées qui sont sécrétées par une société organique extrêmement structurée, hiérarchisée et régulée. En gros, on n’aime pas trop la loi de la jungle, mais on n’aime pas plus les contraintes qui permettent d’échapper à l’arbitraire et à la loi du plus fort.

D’ailleurs, se moquer de l’administration française est resté longtemps un sport national

Du coup, il a été assez facile de nous vendre l’efficience présupposée des entreprises privées plutôt que la lourdeur bureaucratique des services publics, avec l’idée qu’ensuite, ce serait plus rapide, plus efficace, moins cher et plus accessible. Puis, dans l’élan, de nous fourguer la dématérialisation des services, des démarches et même des relations, comme simplificatrice de la vie quotidienne.

En fait, ce n’est pas compliqué, la numérisation de notre société, c’est le nouvel eldorado, le saint Graal et le mini Mir réunis.

Ce qui est grandement exagéré. »

Agnès Maillard, dans cet article, nous emmène dans le quotidien de son papa, un vieux monsieur de 85 ans qui se retrouve confronté au numérique, malgré lui. L’auteure, nous livre alors un article très juste sur la façon dont, aujourd’hui, nous vivons dans une société régie par l’arrivée massive du numérique pour tous les services.

J’ai trouvé cet article très intéressant car il permet d’avoir un nouveau point de vue sur la société dans laquelle nous vivons.

Je suis de cette génération que l’on appelle « Digital Natives ». Pour moi, le numérique est une évidence et d’une simplicité presque absolue. Je suis pour la dématérialisation à tout point de vue et j’adore pouvoir me pointer à l’aéroport avec juste mon smartphone pour faire mon enregistrement. Bref, je suis bien loin, très loin du quotidien d’un « Digital Immigrant », très âgé qui plus est. En lisant l’article de Agnès Maillard, je me suis rappelée que la société française est majoritairement composée de « Digital Immigrant », de personnes, pour qui, le numérique n’est pas inné.

Dans cette société qui subit le diktat du capitalisme à outrance, le numérique est la solution toute trouvée pour réduire les coûts, délaissant, par la même occasion, toute considération de l’humain. Cet article sur le totalitarisme numérique nous remet un peu les idées en place et nous rappelle que le peuple est grand et hétéroclite, et que chacun mérite d’y trouver sa place, peu importe son âge.

===> Lire « Le Totalitarisme Numérique » sur Le Monolecte

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Les Mots Sont Importants – Ce que l’intersectionnalité signifie pour moi

intersectionnalité
via Unsplash

Extrait :

« Il faut savoir que les femmes noires qui subissaient des discriminations aux Etats-Unis se voyaient sommées par l’institution judiciaire de choisir la raison pour laquelle elles avaient subi cette discrimination. Etait-ce à cause de leur couleur de peau ou alors de leur genre ? Personne ne pouvait savoir. Quand elles choisissaient une raison, l’institution les déboutait. Si elles disaient que c’était à cause de leur couleur, on leur rétorquait que les hommes noirs ne subissant pas la même chose, la couleur de peau ne pouvait pas être le problème. Et quand elles affirmaient que c’était à cause de leur genre, on leur répondait que non, puisque les femmes blanches ne subissaient pas la chose. »

Cet article, écrit par Ndella Paye sur le très bon site Les mots sont importants, est un article assez pointu qui aborde la question de l’intersectionnalité, cette notion qui désigne le fait qu’une personne subisse plusieurs types de discriminations à cause d’une accumulation de « facteurs » dans une société gérée par un groupe dominant. En gros, il est question de la condition d’une femme noire et musulmane dans une société patriarcale, sexiste, blanche et athée.

Cet article aborde avec profondeur la façon dont l’auteur s’est reconnue dans ce principe de l’intersectionnalité et comment ça l’a aidé à mieux identifier, et surtout réunir, ses luttes. Elle dépeint alors le portrait de son intersectionnalité, révélant au monde ses différents adversaires mais aussi ses alliés et la façon dont elle entend, désormais, son engagement et ses combats militants.

J’ai aimé cet article car il fait écho à une problématique que j’ai découvert récemment suite à la polémique à propos d’un festival afroféministe qui devrait se tenir (si tout va bien) en juillet à Paris. Le sujet touche à la non-mixité choisie, dont, peut-être je parlerai dans un autre billet.

===> Lire « Ce que l’intersectionnalité signifie pour moi » sur LMSI

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Reporterre – Pourquoi je remange de la viande

végétarien ou pas
via Unsplash

Extrait :

« J’ai renoncé aux cuisses de poulet et au rôti de veau en 2010, lors d’un séjour au Chiapas mexicain. Là-bas, dans les montagnes, des communautés rurales mal nourries cultivent d’arrache-pied des lopins caillouteux pour y faire pousser du café. Et à moins de dix kilomètres, dans des plaines fertiles, des milliers de vaches paissent, attendant d’être réduites en steaks congelés pour le marché états-unien. Vision saisissante d’un système agricole absurde. Écœurée, je décidais alors de ne plus prendre part à ce cirque. Devenir végétarienne était un acte à ma portée, ma petite contribution au bien-être animal, à la préservation de la planète et à la lutte contre les inégalités sociales. Du moins, c’était mon avis jusqu’à peu.

En avril dernier, je suis partie en vélo à la rencontre des paysans. De ferme en ferme, j’ai découvert un monde que je pensais connaître. J’ai trébuché, les pieds pris dans mes a priori. Voilà ce qui arrive quand on troque ses bottines contre des bottes. Car la surprise est dans le pré. Surtout, je n’imaginais pas, en enfourchant ma bicyclette, que je redeviendrais carnivore. »

C’est probablement l’article qui me parle le plus dans cette sélection, car il aborde totalement et complètement, l’idée que je me fais du végétarisme aujourd’hui. Je prévoyais (et prévois toujours) d’en parler dans un billet. Cet article, écrit par Lorene Lavocat, reprend cependant les questionnements qui surgissent dans mon esprit à chaque fois que je pense au végétarisme ou au véganisme.

Etre végétarien est-ce vraiment la bonne solution ? Face à tous ces petits éleveurs pauvres, comment peut-on penser que l’élevage est mauvais en tout point ? Même si cet article ne nous donne pas de réelle piste scientifique pour répondre à la question, il apporte un éclairage intéressant, loin de théories alambiquées, grâce à un vrai travail de terrain, qui me rappelle ce que je vis depuis plus d’un an en voyage.

==> Lire « Voici pourquoi je remange de la viande » sur Reporterre

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Slate – Cette fausse excuse qu’on ne veut plus jamais lire concernant le « manspreading »

manspreading
via Unsplash

Extrait :

« Disons-le fermement : s’asseoir dans les transports en commun les jambes bien écartées est une incivilité au même titre que de hurler dans son téléphone «ATTENDS, JE SUIS DANS LE MÉTRO, ÇA CAPTE MAL. ALLÔ! ALLÔ?» ou d’écouter de la musique à fond comme si l’affluence était due à des goûts musicaux partagés et la rame bondée une salle de concert. C’est pour cette raison que le parti espagnol Podemos a déposé une proposition visant à interdire dans les transports municipaux madrilènes la pratique du manspreading (terme dérivé de l’anglais man, pour homme, et du verbe to spread, qui signifie écarter), à savoir celle de s’asseoir, non pas les jambes parallèles, mais avec un angle quasi obtus. Sans exagérer, l’angle semble aigu –dépasser les 90° demande un peu de souplesse–, tout autant que le problème, car certains hommes, obtus, font remarquer que, non, il ne s’agit en rien de machisme, de sexisme, non, non, non, mais d’une particularité anatomique. Sauf qu’avoir un pénis et des testicules entre les jambes n’exige en rien une telle posture.»

Ah Slate ! J’aime ces articles cash écrits exprès pour fermer le caquet de certains. Et là en l’occurrence, ce n’est pas pour leur fermer le caquet, mais plutôt les cuisses. L’idée est en effet de faire comprendre à ces hommes que non, le « manspreading » n’est pas une nécessité anatomique, quoi qu’ils en disent.

Cet article parlera surement plus aux femmes qui ont largement compris de quoi il s’agissait. Qui ne s’est jamais retrouvé, dans un train ou dans le métro, obligée de tenir ses jambes fermement collées pour que Monsieur à côté puisse se laisser aller tranquillement à écarter les siennes ? Perso, j’ai toujours trouvé ça gênant de me retrouver assise en face d’un mec qui écarte les jambes à n’en plus pouvoir… sérieux, c’est quoi leur problème ?

Bref, dans cet article plus léger  mais non moins dénué d’intérêt, Slate rappelle donc à tout le monde (et surtout aux concernés) que leur « costume trois pièces » ne subira aucune violence s’ils décidaient de s’asseoir les jambes serrées. Témoignage scientifique, à l’appui ! Mention spécial aux tweets présents dans l’article qui nous montrent que certains hommes sont vraiment de mauvaise foi 😉

===>Lire « Cette fausse excuse qu’on ne veut plus jamais lire sur le manspreading » sur Slate

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C’est tout pour aujourd’hui. J’espère que cette première sélection vous a plu ! Surtout, dites-moi ce que vous en avez pensé en commentaire ! Faites-moi vos retours, dites-moi si vous aimez la formule, si vous adhérez au choix des articles etc. Ça m’aidera beaucoup !

Puis aussi dites-moi ce que vous pensez de ces sujets, pour qu’on puisse en parler ensemble 🙂 Enfin, si vous avez kiffé cette première édition de #RestonsEveillés, PARTAGEZ la autour de vous !

Merci !

merci !

 




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27 commentaires sur “Restons Eveillés #1 : Dictature numérique, combats de femmes, de viande & de grosses boules.

  1. J’aime beaucoup ce concept ! Après il y a certains trucs avec lesquels on ne sera pas forcément d’accord mais au moins, ça a le mérite de nous faire découvrir plusieurs points de vue 🙂
    (Je vais aller lire celui sur le véganisme, je sens que ça va énormément m’intéresser)

    1. Et c’est pas grave si tout le monde n’est pas d’accord avec les articles que je choisirai ^^ ce qui est intéressant, c’est justement d’en parler ensemble pour essayer de comprendre les autres points de vue 🙂

  2. Le premier article aborde une réalité dont on ne parle que très peu : le fait que beaucoup de personnes âgées (et même pas forcément âgées, je vois mes parents, ils sont dans la cinquantaine et ils galèrent encore parfois avec l’ordi ou leur smartphone. Même moi, bientôt 35 ans, je suis parfois paumée ^^) sont complètement larguées face aux nouvelles technologies. J’ai trouvé l’anecdote de la Poste très parlante parce que j’ai moi-même plusieurs fois aidé des personnes âgées à utiliser l’automate.

    Pour autant, la numérisation des formalités administratives simplifie les choses et signifie moins de temps perdu (du moins si on ne galère pas) et moins de papier employé, ce qui est une bonne chose pour la planète.
    La solution ? Je ne sais pas. Peut-être que les municipalités devraient mettre en place un centre informatique gratuit où on aiderait les seniors à effectuer leurs formalités en ligne… #PropositionBisounours.

    J’ai découvert l’intersectionnalité depuis peu, en tant que féministe c’est un sujet qui m’intéresse forcément.

    Je suis végétarienne et j’avais déjà lu cet article « Pourquoi je remange de la viande », avec lequel je ne suis évidemment pas du tout d’accord. Un élevage, quel qu’il soit, reste de l’exploitation animale. Moi-même en tant que seulement végétarienne, je continue à contribuer à cette exploitation.

    J’ai de la chance, je n’ai jamais été confrontée au manspreading (faut dire qu’il n’y a pas de métro chez moi et dans le bus personne ne fait ça). Cette excuse de « ça comprime » est totalement débile !

    Sinon j’aime beaucoup le concept 🙂

    1. C’est vrai que la numérisation des formalités administratives nous fait gagner du temps et évite des stocks importants (quoi que, quid des serveurs qui gardent précieusement ces infos numériques… j’en parlerai certainement dans un autre billet) et évite aussi l’utilisation de papier (même si nous n’avons plus vraiment de problème de recyclage de cette matière, en France). La solution que tu proposes est effectivement celle à laquelle j’avais aussi pensé, directement : un espace et des gens, surtout, disponibles pour accompagner les personnes qui en ont besoin. ça permettrait à tout le monde d’être satisfait et en plus, ça créerait des emplois… ah oui, mais ça… ça fait perdre de l’argent aux entreprises, finalement…

      À vrai dire, je ne pensais pas qu’il y avait un concept pour parler du fait que certaines personnes doivent avoir plusieurs luttes… en fait ça me parait tellement évident que je me demande pourquoi on en est venu à établir un concept. C’est plus facile d’en parler en posant un mot dessus effectivement, mais j’ai l’impression aussi que ça permet aux femmes noires pauvres, aux handicapées homosexuels, et aux hommes noirs et musulmans de justifier leurs diverses luttes face à ceux qui n’ont qu’une lutte. Je ne comprends pas pourquoi « les autres » ne comprennent pas directement que quand tu accumules des facteurs discriminant, tu te sens pourvus de plusieurs luttes, toutes aussi importantes les unes que les autres. Ceci dit, je comprends cependant que les personnes concernées ait besoin de ce principe d’intersectionnalité pour assumer toutes leur luttes et surtout faire comprendre à ceux qui ne se retrouvent pas à la croisée de différentes luttes, qu’ils ne pourront jamais vraiment les comprendre.

      Et si l’élevage ne maltraite pas l’animal ? Et si, les vaches paissent tranquilles en liberté dans des hectares et des hectares de prairies ? Et si elles sont aimées, et si le vèlement est contrôlé et si l’éleveur connait les conditions d’abatage de ses bêtes et sait qu’elles ne souffrent pas ? Honnêtement, quand j’ai vu en Colombie comment les vaches vivent tranquilles et sont choyées, quand j’ai vu au Pérou, comment des gens tellement pauvres, prennent soin de leurs moutons ou de leurs chèvres au milieu de nulle part, je me suis demandé si, comme souvent, la réponse n’était pas plutôt dans la nuance. Arrêter purement et simplement l’élevage sous toutes ses formes et entraîner la mort des petits éleveurs qui n’auront plus rien pour subvenir à leurs besoins primaires ? (parce que bien souvent, à l’étranger, c’est de ça dont il s’agit, les gens n’ont RIEN). Pourquoi ne pas plutôt choisir de diminuer sa consommation et de consommer local & éthique. On mange moins de viande mais de la viande de qualité. Depuis la nuit des temps l’homme s’est servi de l’animal pour subvenir à ses besoins, alors oui nous ne sommes plus des hommes préhistoriques mais pour moi, la véritable dérive c’est l’industrialisation à outrance, pour tout. Il est là, pour moi, aujourd’hui, le vrai combat. Parce que même en arrêtant l’élevage -qui, au passage, est, je pense une pure utopie pour la majorité des sociétés dans le monde, qui sont à des années lumières de ce genre de considération- , on n’arrêtera pas le problème de la surconsommation et de la pollution. Alors effectivement, les animaux ne seront plus victimes de nos agissements, mais nous, nous le serons encore. Aujourd’hui, manger végan et bio est plutôt synonyme de « bien manger », des produits contrôlés et de qualité mais à ce moment là, ce moment où, dans un monde imaginaire, l’homme ne mange plus de viande, les industries se seront certainement complètement et massivement emparées de ces phénomènes, produisant finalement des produits étiquetés végétalisés mais bourrés de merde, comme ils savent si bien le faire. Je ne suis pas sure que cela soit une meilleure solution.

      Tu as de la chance si là ou tu habites, même dans le bus personne ne le fait haha ! Parce que ce n’est pas seulement la panacée du métro, ça l’est pour tout type de transport en commun, et même dans les salles d’attente par exemple !

      Merci pour tes retours Caro ! ça me fait très plaisir 🙂 à bientôt !

      1. Se servir des animaux pour couvrir des besoins humains relève de l’exploitation animale, que les animaux soient maltraités ou pas. Bien sûr, ce serait déjà bien si l’on mettait fin aux élevages industriels dans lesquels les bêtes sont maltraitées mais au bout du compte, pour que la viande arrive dans l’assiette, cela implique la mise à mort de l’animal. Or nous n’avons pas besoin de manger de viande ni de poisson, ni de produits laitiers ni d’œufs pour vivre (attention, je parle des sociétés occidentalisées, je suis bien consciente que c’est un peu plus problématique dans certaines régions et pour certaines populations, comme par exemple les Inuits), alors pourquoi continuer à exploiter et à tuer en masse des milliers d’animaux qui n’ont rien demandé ? Pourquoi continuer à dévaster les océans alors que nous pouvons nous passer de poisson ? Parce que nous l’avons toujours fait ? Ce n’est pas un argument valide pour moi, étant donné que nous n’avons plus besoin de le faire : nous pouvons donc évoluer sur le sujet. Sans parler du fait qu’un régime végétarien, a fortiori végétalien, est de toute façon meilleur pour la santé.

        Des élevages sans souffrance et l’arrêt des élevages industrialisés seraient pour moi les premiers pas vers un monde, une période de transition vers un monde sans souffrance ni exploitation animale. Car bien sûr, il est évident que une évolution globale vers le véganisme impliquerait une refonte totale du secteur de l’agriculture. De toute façon, l’humanité y viendra, de façon volontaire ou forcée par les circonstances – si l’on veut préserver notre planète et régler une partie de la faim de la monde. Il faudrait déjà stopper la surconsommation pour commencer. Il faut savoir que pour nourrir le bétail des sociétés occidentalisées on prend les cultures de beaucoup de pays pauvres dans lesquels les gens meurent de faim et pourraient bénéficier eux-mêmes de ces récoltes. Pendant qu’une partie de l’humanité crève de faim, l’autre crève de maladies liées à la surconsommation de viande, de produits laitiers et de sucre. On marche sur la tête.

        Je ne dis pas qu’une telle évolution serait facile parce que ce n’est pas le cas. Il suffit de voir combien les évolutions personnelles sur le sujet prennent du temps, alors une évolution à l’échelle de la planète prendrait probablement plusieurs décennies, peut-être même un siècle entier.

        J’ai arrêté la viande en 2014, au départ pour des raisons de santé mais aussi parce que je n’avais jamais vraiment aimé ça et que j’avais réalisé que j’en consommais parce que j’avais été conditionnée à en consommer. A force de fréquenter des blogs et des forums végé j’ai découvert toute l’horreur qui se cache derrière l’industrie animale. Il m’a quand même fallu deux ans pour arrêter le poisson et les fruits de mer. Et à présent, après un an de végétarisme, je fais des efforts pour réduire ma consommation d’œufs et de produits laitiers. C’est loin d’être évident, pour plusieurs raisons, et je suis pas certaine de parvenir un jour à être complètement végétalienne. J’ai d’ailleurs beaucoup d’admiration pour les vegans.

        Tout cela pour dire que je ne juge pas et je ne fais pas de prosélytisme (presque tous mes proches sont omnis et je l’ai été moi-même plus de 30 ans) : je pense qu’une évolution vers le végétarisme/végétalisme doit résulter d’un cheminement personnel et ce dernier prend parfois du temps. Mais oui, j’espère qu’un jour nous serons suffisamment nombreux à avoir effectuer ce cheminement pour pousser à une évolution plus globale.

        Douce utopie ? Je répondrais simplement que beaucoup de grands changements historiques ont démarré par des idées que la plupart des gens qualifiaient d’utopistes 🙂

        1. Haha j’étais tellement dans ma réponse que non seulement j’ai fait des coquilles et des fautes mais qu’en plus j’ai oublié de dire des trucs ! ^^

          Complètement d’accord avec ta réflexion sur le risque produits véganes qui deviendraient alors à leur tour une industrie qui essaieraient de nous refiler des trucs bourrés de saletés – je dirais que ce sera alors aux consommateurs de faire en sorte que cela ne soit pas possible. Si un jour on devient tous vegans et qu’on soit débarrassés des lobbies viandards et laitiers (qui, entre parenthèses, commencent à sentir le vent tourner si on l’en juge par les quelques pubs ouvertement anti-végétariennes qu’on a pu avoir ces dernières années sur nos écrans ^^), ce n’est pas pour se retrouver avec d’autres lobbies industrialisés du même acabit. Il ne faut de toute façon pas uniquement changer ce qu’on consomme mais également notre façon de consommer (et pas que pour l’alimentation, pour tout).

          Sur le manspreading : dans les salles d’attente aussi ? Eh bé ! Ici personne ne le fait, ou alors je ne fréquente que des salles d’attente où les mecs sont bien élevés 🙂 Et comme je le disais, comme moyen de transport en commun, il n’y a que le bus ici et si un mec s’avisait de faire ça, je pense qu’il se prendrait aussi sec un coup de sac à main bien placé 😛
          Je ne l’ai jamais vu dans le train non plus.

  3. C’est la première fois que je vois un blog proposer des articles en les résumant et en les commentant et je trouve ca vachement intéressant !!! Ca donne des points de vue, des éclairages et des info qu’on aurait pas forcément croisés ailleurs ! Belle idée !
    Je vais farfouiller le reste de ton lbog voir sur quoi je peux tomber parcque ca m’intéresse vraiment et je dois avouer que ces 4 sujets m’interpellent donc cool 🙂 bonne pioche ^^Au plaisir 🙂

    1. Merci Marion ! C’est chouette de voir que ça intéresse quelques personnes 🙂 J’espère que tu aimeras aussi les autres billets ^^ A bientôt par ici j’espère !

  4. J’adhère aux choix des articles ! (et au titre ! :D)
    Je sais d’avance que je ne vais pas être d’accord avec tout mais c’est en sortant de ses zones de confort et ses cercles de pensées similaires qu’on aiguise la sienne alors je prends tout !

    1. Merci Nadia ! Effectivement, on peut ne pas être d’accord avec tout (j’imagine notamment que l’article sur le végéta*isme en fera tiquer plus d’une ) mais j’apprécie que malgré le désaccord certains se prêtent au jeu et acceptent de lire un autre point de vue. L’idéal serait qu’on puisse aussi en parler après !

          1. En fait je m’étais posée la question en te pondant mon commentaire et le souci, je crois, c’est que trop peu de gens voient les commentaires comme un espace d’échanges et de discussions. C’est souvent un message d’un visiteur au blogueur + la réponse du blogueur mais rarement un échange entre différents visiteurs. Enfin il me semble !
            Je sais pas trop comment il serait possible de motiver les gens à réagir entre eux !

          2. Et du coup j’ai fouillé un peu, si tu es sur wordpress il est apparemment assez simple d’installer un plugin forum sous tes articles ! (peut-être sans wordpress aussi cela dit !)

          3. Ouais j’ai vu aussi qu’il était facilement possible d’installer un puging de forum. Deux questions se posent à présent : est-ce vraiment pertinent ? et comment faire pour animer le forum et faire en sorte que des personnes viennent y poster leurs sujets ?

          4. Je suis entrain de cogiter sévère dessus !
            C’est un taf de malade mais je pense que ça peut valoir le coup !

  5. Je trouve ça super ta petite revue de presse! Que des sujets qui m’intéressent, du coup je m’abonne! J’ai hâte de voir quels seront les prochains articles, et j’ai surtout hâte de lire l’article sur le végata*isme qui te trotte dans le tête. Je suis végétalienne et ça m’intéresse de voir ce que tu as à dire sur le sujet 🙂

    1. Merci Alice d’avoir pris le temps de passer par ici et de t’être abonnée ! ça me fait super plaisir 😀
      Cet article sur le végéta*isme me trotte en tête depuis un moment mais j’avoue que je ne sais pas bien par quel bout le prendre… je n’ai pas envie de recevoir les foudres de certains et en même temps j’ai aussi envie d’assumer le point de vue qui est le mien aujourd’hui.

  6. J’ai déjà lu dans le passé l’article sur l’abandon du végétarisme. J’avoue que cela crée en moi une vraie question, et je ne sais pas comment me positionner.
    D’un côté, si un jour je passe le cap du végétarisme, ce sera plus pour une question écologique que pour la souffrance animale, même si, je suis pleinement d’accord sur le principe de ne pas exploiter les animaux.
    D’un autre côté … Je pense aussi à l’attrait économique. Si nous arrêtons tous de consommer de la viande demain, nombreux sont les agriculteurs qui seront dans une détresse économique.
    Que faire ? Comment bien faire ?
    Je suis plus partisane du : consommer mieux.
    Consommer, modérément, et localement, (et bio), de la viande et des produits animaliers, me paraît le plus approprié.
    D’un côté, je suis d’accord pour dire que oui, pourquoi tuer une vache et pas un chien ? Etc etc, mais pour moi, consommer localement réduit considérablement les horreurs faîtes sur les animaux, et permet aussi de mieux consommer.
    Si l’on regarde la consommation de viande ces 50 dernières années, c’est sûr qu’on a de quoi s’interroger. Nous ne consommions pas autant avant, et nous avons gentiment accepter l’idée qu’il fallait manger de la viande, genre, tout le temps. Alors que non ! héhé.
    Si nous réduisions notre consommations de viande, automatiquement nous réduisons le nombre conséquent de cultures pour nourrir les animaux, et aidons notre planète à aller mieux.
    Alors, consommez mieux, consommez bio et local !
    *c’était la propagande du jours*

    1. Je te comprends tout a fait. J’ajouterai à ton commentaire que pour moi, cela me tout bonnement impossible d’arrêter, un jour, l’élevage animalier. C’est pour cela que comme toi, je privilégie les discours qui poussent à modifier sa consommation dans le sens du local et bio, avant tout.

  7. Très intéressant ce nouveau format Laure, j’aime beaucoup !
    Pour tes lecteurs et lectrices que ça intéresserait, la question du choix du végétarisme qualitatif (en gros ne manger que de la viande de qualité, locale et non industrielle) est très bien abordé dans un de mes livres préféré : Un Jardin dans les Appalaches, écrit par Barbara Kingsolver. Je ne sais pas si tu pourras le lire pendant ton voyage (peut être qu’il existe en version numérique ?) mais c’est l’un des livres qui m’a le plus marqué de ma vie, qui m’a le plus fait réfléchir et que j’ai déjà relu 3 ou 4 fois.
    En gros, l’auteure s’est lancé le défi de ne manger que local pendant un an. Et elle explique son parcours et celui de sa famille, comment ils cultivent leur potager, élèvent des poules et des dindes de races anciennes…
    Très très intéressant, très très motivant, très bien documenté.

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