Restons Eveillés #5 : En manque de sucre, de reconnaissance et de libre arbitre

Ça faisait longtemps que je n’avais pas partagé avec vous mes trouvailles littéraires du web et ça me manquait. Avec la venue de Marie à la rédaction de l’Ananas, un regain de motivation et un bon coup de pied au derrière il faut le dire, l’Ananas revient et j’espère que ça vous plaira toujours. Pour ce premier article de retour, on commence donc tranquillement avec la veille éthique de l’Ananas #RestonsEveillés. Le pire c’est que j’avais déniché ces trois articles au mois de Septembre… je vous les partage donc aujourd’hui, certes plusieurs mois après mais ne vous inquiétez pas, ce qui y est dit est toujours aussi actuel et intéressant.

Au programme : Le sucre, poison que l’on trouve trop mignon, une génération paumée entre idéaux et société et ces réseaux sociaux qui uniformisent nos actions et nos pensées. Trois sujets, trois problématiques de notre société auxquelles j’ai envie de vous sensibiliser (si cela n’a pas encore été fait).

On en reparle dans les commentaires,

Bonne lecture 🙂

Mr Mondialisation – Les mensonges de l’industrie du sucre exposés sur Arte

Extrait :

Pendant longtemps, il a été difficile de remettre en cause le sucre, qui est associé au plaisir de manger, à la convivialité et aux repas festifs. Comment exposer un élément dont une grande partie de la population ne peut se passer sans y perdre des plumes ? Mais ce temps semble révolu et laisse place à un bras de fer. En effet, malgré le discours bien rodé des industriels pour balayer les allégations peu flatteuses d’un revers de la main, se reposant sur la stratégie du doute, il existe désormais de nombreuses études qui font le lien entre la consommation excessive de sucre et le développement de certaines maladies, notamment l’obésité et les maladies cardiaques.

Ces 50 dernières années, les habitudes alimentaires ont profondément changé et la consommation quotidienne de sucre a explosé. Aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, on dépasse largement les seuils de consommation recommandés, qui se situent entre 9 et 12 cuillères à café de sucre ajouté par jour. En moyenne, en Europe, on en consomme 17. Aux États-Unis, le chiffre grimpe à 19,5. Naturellement, tout se sucre se répartit dans différents produits de consommation, parfois même dans des produits hors de tout soupçon. Si bien que le sucre s’est transformé en un problème sanitaire aussi important que peu visible, « qui affecte le pays [USA] et le monde entier ».

Il y a quelques mois, j’ai lu par pure curiosité un livre intitulé No Sucre dans lequel Nicole Mowbray détaille sa prise de conscience par rapport au sucre présent dans son alimentation et son parcours pour s’en écarter et manger le plus sainement possible, sans sucre. Bien que cela puisse paraître plutôt radical au premier abord, le livre m’a appris énormément de choses sur le sucre, son impact sur notre santé, ce qu’il signifie dans notre société et son omniprésence dans nos régimes alimentaires. Si je vous partage aujourd’hui cet article de Mr Mondialisation qui parle lui-même d’un documentaire Arte, c’est parce que je suis convaincue qu’une prise de conscience générale est fondamentale. Le sucre est probablement l’une des drogues les plus puissantes de notre ère et je crois qu’il est important que chacun prenne conscience des effets qu’elle a sur notre mental, notre corps, nos humeurs et notre santé en général. Un article à lire et un documentaire à regarder.

==> Lire l’article « Les mensonges de l’industrie du sucre exposés par Arte » sur MrMondialisation

Photo by Patrick Fore on Unsplash

 

Courrier International – Burn Out. Les milienals sont en première ligne

Extrait :

Son téléphone pouvait sonner en pleine nuit. Dans la chimie, les chaînes de production ne dorment jamais. Camille* de moins en moins. À 32 ans, la jeune femme est cadre chez un géant de la chimie sur un site de 1 000 personnes. C’est à elle de gérer la cadence de production et de garantir la sûreté des lieux. Son rêve. “On ne fabrique pas du chocolat, ce sont des produits assez dangereux”, prévient-elle.

Diplômée en génie chimique de l’EPFL, Camille est l’un de ses talents rares sur qui l’on parierait sans douter. Les retours de ses supérieurs sont excellents, elle se voit confier des tâches de plus en plus importantes. Jusqu’à l’excès. Camille finit par craquer alors qu’elle pilote un projet d’extension à plusieurs millions. Elle démissionne, parce qu’elle ne pouvait “plus continuer comme ça”.

Camille n’est pas seule dans son cas. Deux chercheurs européens ont étudié ce phénomène qu’ils appellent la “malédiction du talent”. Elle touche les employés talentueux et performants. Ceux promis à une carrière brillante. “Après deux décennies à étudier et travailler avec des jeunes leaders, nous avons rencontré beaucoup de gens qui semblent lutter contre leur bonne étoile”, résume l’étude publiée ce printemps dans la revue américaine Harvard Business Review.

Dans cet article repris d’un journal suisse, Courrier International nous peint les portraits de quatre milénials qui ont connu un burn-out. À à peine 30 ans, ces jeunes actifs ont un point commun : ils ont vécu un enfer professionnel après s’être laissé prendre dans un tourbillon de responsabilités et d’activités qui n’étaient pas toujours en accord avec leurs idéaux. Bien que nous n’en ayons pas beaucoup parlé ici, la thématique des milenials m’interpelle beaucoup car elle me parle : nous faisons, Marie et moi, parties de cette génération née à partir des années 80 et devenue majeure au début des années 2000. Pris entre rêves, ambitions et désillusions, chacun essaye de mener sa barque comme il le peut dans une société qu’il ne comprend ni ne soutient vraiment. A travers les destins de ces quatre professionnels, l’article souligne parfaitement ce paradoxe ambiant.

==> Lire « Burn out. Les milenials sont en première ligne sur Courrier International

Photo by Joshua Rawson-Harris on Unsplash

 

Usbek & Rica : « Facebook nous pousse à une forme de régression infantile »

Extrait :

Usbek & Rica : « Les écrans ça rend accro… Ça reste à prouver », écriviez-vous en 2007. À l’époque, vous expliquiez que le virtuel et ses images, bien dosés, pouvaient être porteurs de plus d’opportunités que de dangers. Êtes-vous moins optimiste aujourd’hui ?

Michael Stora : J’ai toujours pensé que le virtuel était très important dans ce que nous sommes, nous humains. Mais ma pensée a évolué. Parce que je me suis rendu compte que se jouait de manière très implicite un combat entre les GAFA et l’être humain, entre le virtuel et le réel. L’ergonomie des sites omniprésents dans notre quotidien et la philosophie de ceux qui les créent nous modèlent, et nous mettent presque dans une position d’asservissement. Ils cherchent à ce que l’on soit tous hyper-connectés.

Le numérique se doit d’être au service du réel, mais c’est de moins en moins le cas : avec l’info continue sur Twitter ou la pensée hyper positive sur Facebook, il y a ce désir de nous enfermer dans une sorte de pensée unique, ce qui crée une sorte de conflit avec ce que nous sommes, des êtres ambivalents qui ne vont pas toujours bien. Il y a cette idée d’être des êtres d’images, et de faire d’une certaine manière disparaître les mots. Et comme, à moins d’être un grand photographe qui sait montrer le hors-champ, le vecteur de l’image est très idéalisé et souvent réducteur, je me suis rendu compte, avec les années, que cette hyper-connexion en images a tendance à appauvrir l’humain dans sa capacité à penser.

Et pour clore ce retour de Restons Éveillés, une interview très complète et follement intéressante du psychanalyste Michael Stora, spécialisé sur la questions des jeux vidéos et plus largement des écrans, de la connexion et leur impact sur nos vies. L’interview apporte de nombreuses pistes de réflexions sur l’utilisation des écrans à l’ère du tout numérique. Une thématique très intéressante que l’on diabolise beaucoup mais pour laquelle le psychanalyste apporte aussi quelques éléments de réponses positifs. Non les écrans ne sont pas fondamentalement mauvais pour nous, en revanche oui, l’utilisation qui en est faite et l’uniformisation des comportements qui en découle, elles, sont à craindre.

==> Lire « Facebook nous pousse a une forme de régression infantile sur Usbek & Rika

 

Que pensez-vous de ces articles ? Trouvez-vous que ce sont des problématiques intéressantes ? N’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires

 

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3 commentaires sur “Restons Eveillés #5 : En manque de sucre, de reconnaissance et de libre arbitre

  1. Oh mais c’est trop chouette, une revue de web / veille engagée, ce n’est pas si souvent ! J’essaie de faire la même chose avec mes « remue-méninges » mais j’ai conscience d’y mettre beaucoup beaucoup de liens, donc peut être de perdre en visibilité, de ne pas mettre correctement en valeur certains contenus… Je trouve vraiment sympa le format que tu as choisi

    1. Merci beaucoup de ton retour ! C’est vrai que ce n’est pas souvent, mais comme disait Gandhi, « sois le changement que tu veux voir dans le monde ». Ouais, je cite Gandhi un lundi matin à 7h, j’ai pas peur. 😉 En gros, on écrit ce qu’on aimerait lire plus souvent je pense. 🙂

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