Vivre dans une société uniforme où les licornes sont reines

Alors que je me baladais tranquillement sur mon passe-temps préféré, j’ai nommé Pinterest, je remarquai avec étonnement qu’entre mes pins de paupiette de poulet au tomates séchées, séances fitness pour avoir un meilleur booty et de voyage en Islande, c’étaient glissées de bien trop nombreuses épingles de photographie pré-maternité. Vous savez ces photos de femmes enceintes qui posent dans différents décors pour mettre en avant leur bidou, leur sensualité pré-accouchement et garder, par la même occasion, un souvenir de cette période particulière de leur vie.

Bon, en vrai, moi ça ne me dérange pas que les futures mamans souhaitent être prises en photo, ce qui me dérange en revanche c’est qu’elles viennent envahir mon feed de gros ventres ronds et autres cambrures qui me mettent mal à l’aise alors que je n’ai rien demandé. Il y certainement une des filles que je suis qui est enceinte et, par je ne sais quel algorithme, ça vient polluer mon espace parce que je suis « une jeune femme en âge d’avoir des enfants » et de faire ce genre de photographie.

Cachez-moi ces gros bides que je ne saurais voir : quand les ‘bots décident pour nous.

Bref qu’est-ce que cela veut dire ? Un robot décide à ma place de ce qu’il juge bon pour moi en fonction de mes propres recherches ET de celles des autres personnes que je suis, en partant du principe que si je suis abonnée à leur profil c’est que leurs recherches, potentiellement, m’intéressent. Sauf que moi, la grossesse ça ne m’intéresse pas et même, j’ai plutôt tendance à me sentir un tantinet mal à l’aise face à toutes ces femmes qui se pavanent fièrement sur mon feed en nuisette tout en laissant pointer leur ventre de 6 mois et demi. La multiplication des images et de leur position rend le spectacle difficilement supportable pour mes yeux et mon esprit prudes et pas encore prêts à une quelconque forme de maternité.

Grossesse mise à part, ces algorithmes, sont partout. Je ne vais rien vous apprendre mais ce sont aussi eux qui sont responsables de votre fil d’actu Facebook : il sélectionne, pour vous, les informations jugées pertinentes. Vous avez liké une photo de chaton ? Vous pouvez être sûr que dans l’esprit de M. Algoribook, vous passez en mode « j’adore les chatons » et donc, vous finirez certainement par ne plus que liker des vidéos de chats. Propageant, par la même occasion, votre nouvelle passion à tous vos amis qui ne tarderons pas d’être pris au piège s’ils ont le malheur de liker deux de vos publications ou plus.

chat débile

Uniformisation de la société : du plaisir de regarder 10 fois un chaton attaquer une feuille morte

Vous n’avez jamais remarqué ? Les articles que l’on vous propose de lire sont toujours en accord avec vos idées et vos centres d’intérêt. Dès que vous aimez un nouveau truc, on va vous proposer d’autres sujets similaires ou complémentaires. En fonction de vos choix, le processus devient plus intelligent et vous propose de plus en plus de contenu qui colleront avec vos précédents agissements. Et vous, vous finirez par n’aimez plus que ça.

En fait, pour moi, le vrai problème là-dedans, c’est qu’en choisissant pour vous, un contenu qui vous plaira, on entraîne une uniformisation du contenu. Et finalement, l’uniformisation n’est plus seulement poussée, elle est carrément voulue. Vous allez aimer les contenus qui se ressemblent (par exemple des vidéos de chatons, chiots et autres animaux trop « cute ») et refuser celles qui s’en éloignent (comme la vidéo d’un type en train de chanter dans sa voiture par exemple). Ainsi, à chaque nouveau j’aime ou à chaque nouvelle marque d’indifférence (lorsque vous scrollez sans prêter une attention à une publication), vous faites comprendre à l’algorithme ce que vous cherchez et ce qui ne vous intéresse pas. Et celui-ci se fait une joie de multiplier tout ce qui vous fera rester le plus longtemps possible sur le site et vous donnera l’envie d’y revenir douze fois par jour.

Heureusement, nous ne sommes pas monomaniaques des chats, nous avons d’autres centres d’intérêt, ce qui multiplie les sources d’information et les publications. Mais à bien y regarder, c’est toujours là même chose : des vidéos « drôles », des messages d’indignation avec photos/vidéos à l’appui, des citations philosophiques sur photos inspirantes ou des articles putaclics.

L’uniformisation pour du contenu bankable

Je parle de Facebook, mais c’est valable pour tous les réseaux sociaux hein. La standardisation du contenu touche même une grande majorité de la toile. (Bah oui, c’est bien là que va fouiner Facebook pour vous proposer le « top 10 des meilleurs endroits pour faire de la boxe avec un kangourou » non ?)

Twitter, Instagram et la blogosphère ne sont pas en reste. Sur l’un on essaye tous de fabriquer la meilleure punchline de 140 caractères pour avoir le plus de RT possible, sur l’autre on propose des images un chouilla surexposées, des couleurs pastel, des objets disposés « en vrac », du Wanderlust comme ils appellent ça. Et sur le dernier, on s’entête à écrire des articles « qui marchent », ceux qui nous permettront de gagner 20 000 balles en un mois. Et moi, ça me fait profondément chier.

licorne qui pête

Pour parler de ce que je connais, j’ai exactement ce sentiment que tout est pareil quand je me balade sur les blogs de voyage. J’aime voyager, j’adore les récits de voyage, je ne me lasse jamais d’en voir de belles photos et je suis souvent à la recherche d’informations pratiques sur telle ou telle destination. En outre, j’ai moi-même un blog de voyage.

Mais franchement, qu’est-ce que je m’ennuie ! J’ai fait un constat malheureux : tout le monde va aux mêmes endroits et tout le monde écrit de la même façon. À part quelques exceptions, la plupart des blogs voyage traitent des mêmes destinations, des mêmes endroits et tout le monde (ou presque, car il y a quand même quelques cas particuliers) a le même avis. Quand on a lu un article sur « comment visiter la maison de Tartanpion », on en a lu 15. Et quand on croit découvrir un endroit « préservé des touristes » on a la désagréable sensation, une fois sur place, de s’être fait avoir. Et pourquoi cela ? Parce que tout le monde va aux mêmes endroits. Et si toi, tu n’y vas pas, tu passes pour celui qui fait son snob. Mais le débat n’est pas là.

Quand la société devient binaire

Enfin si, en fait, le débat est là : toute cette uniformisation digitale nous pousse à la simplification même de notre pensée. Nous ne sommes plus des êtres dotés d’un mode de pensée complexe et sans limite, nous sommes devenus des êtres à la pensée binaire dans un monde binaire. Et si on a le malheur d’être ternaire, alors c’est qu’on a rien pigé. Si t’as pas de travail, t’es chômeur ; si tu manges de la viande, tu n’as aucune conscience éthique, si t’as pas Facebook, t’es hasbeen ; si t’as pas le dernier look à la mode, t’es pas dans l’coup et si tu ne fais pas des « cœur avec les doigts »  et des « bisous-paillettes » alors tu n’es pas sympa.

Le web tient une place tellement importante dans nos vies qu’il a fini par devenir notre vie. Et je ne parle pas simplement de métier. Je parle de la vie en général. Réfléchissez : combien de fois par jour rafraichissez-vous votre fil d’actu Facebook ? Combien de temps passez-vous sur votre ordi, votre portable, votre tablette ou les trois cumulés ? Avez-vous vu à quel point Facebook est devenu votre référence sociale ? « Ah oui, j’ai vu, untel va bien, il l’a posté en statut Facebook ». D’ailleurs, on n’a même plus besoin de mentionner que ça a été lu/vu sur Facebook, c’est tellement évident !

« T’as vu, Mireille a emménagé à Trifouilli-les-Oies, son appart’ à l’air cool !  

    – Oui, je sais, j’ai vu ça l’autre jour »

Et tu l’as vu où ? Sur Facebook pardi !

Ne vous méprenez pas, j’adore le web. Et je suis comme vous, j’actualise mon fil 20 fois par jour, et je passe mon temps libre à « geeker » comme j’aime le dire. Mais quand même, combien de fois, suis-je insatisfaite ? Combien de fois, ai-je l’impression qu’on se fout de ma gueule sur la toile ? Presque tout le temps. Alors j’essaye de mettre des mots sur ce qui m’énerve, et c’est bien cela : l’homogénéité, la standardisation, le « c’est comme ça et pas autrement ».

Etude de cas : la blogosphère voyage

Tout est cadré, réfléchi, monté et emballé dans un papier cadeau aux couleurs différentes. Y’a juste le packaging qui change, le fond, lui, reste le même : il est vide. Les articles des blogs voyage sont écrit dans un but marketing (en tout cas, pour les plus gros). Le but de ceux qui vivent de leur blog n’est pas de partager avec vous leurs bons plans par simple altruisme. Non, le but, avant tout, c’est la maille. Le but c’est que vous alliez sur le site, pour que eux, puissent dire aux entreprises « regardez, je suis influenceur ». Et plus vous y allez, plus ils se gavent. On se trouve alors dans la situation où tous les touristes finissent par aller au même endroit, et pire : ils  VEULENT aller aux mêmes endroits.

Uniformisation de la société et des réseaux sociaux
Vous voyez ce que je veux dire ?

N’avez-vous pas remarqué cet engouement soudain pour l’Islande ces dernières années ? Ce pays a été oublié des touristes pendant longtemps. Désormais, en été, il y a plus de touristes que de locaux ! Et le Sulawesi, une île en Indonésie, vous connaissez ? Vous en avez certainement entendu parler ces derniers temps. L’île est de plus en plus connue pour l’un de ses archipels paradisiaques loin des touristes. Il a suffi que deux mastodontes de youtubeurs voyage parlent de cette destination « hors des sentiers battus et pas chère » pour que tout le monde s’y rue. Pourquoi est-il encore préservé (même s’il l’est de moins en moins ?)? il est isolé et donc peu facile d’accès. Je pourrais citer d’autres endroits comme ça. Ce sont parfois des régions entières du monde qui sont assaillies de touristes quand d’autres, voisines, sont complètement oubliées.

Et ce que je raconte pour le tourisme est valable pour tout : la lutte contre la maltraitance des animaux (on a nos chouchous dans la matière), la politique, le DYI, la musique… On fonctionne par cycle, par mode. En ce moment la mode est au healthy/vegan/fitness/je me la pète sur Instagram. Demain, elle sera certainement différente. En attendant, sur la toile, la mode ça marche et dans la vie, tout le monde suit la mode. Même moi.

Refuser un monde ou les licornes sont à la mode et où les Minions sont philosophes

Je ne sais pas si c’est l’effet de groupe mais c’est quand même pas facile de sortir de ce schéma d’uniformité. Après tout, y’a quoi de mal à avoir un mode de vie healthy-friendly et à aimer les licornes ? Nan y’a pas de mal, mais franchement, moi, que tout le monde aime la même chose, au même moment, ça me fait bizarre. Et toutes ces modes font le buzz sur le net, se propageant toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus loin.

J’ai l’impression, du coup, que nous ne sommes plus libre de penser et de dire ce que l’on veut, plus libre d’agir comme on en a envie. Si tu veux gagner des sous avec ton blog, il faut faire comme ça et pas autrement, si tu veux réussir ta vie, il faut faire comme ci. Bref,  je refuse la binarité, je refuse de vivre dans un monde soit tout noir soit tout paillette et arc en ciel, je refuse de vivre dans un monde où les gens partagent sans cesse des citations avec des Minions et où, en plus, ils trouvent ça cool.

J’ai envie et besoin de différence, de pensées contraires, d’opinions partagées. Je n’ai pas envie de me dire que je dois forcément entrer dans une case et qu’il n’y a qu’une voie à suivre pour faire quelque chose de bien. Bref, j’ai envie d’être humaine et pas robot.

Et vous ?

 

=> Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture de cette longue mais très intéressante tribune de Alexandra Yeh à propos des algorythmes et de la « découvrabilité » sur le web

 


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15 commentaires sur “Vivre dans une société uniforme où les licornes sont reines

  1. Insta-partage sur Twitter parce que c’est super intéressant et que ça l’aurait été même si je n’avais pas été d’accord avec toi. Sauf que je suis d’accord sur toute la ligne. Mention spéciale pour tes gifs qui m’ont fait exploser de rire, surtout le chat.

    Les algorithmes me font marrer parfois. Par exemple pendant les présidentielles, Facebook et Youtube ont fait un pari pour voir lequel des deux arriverait à me proposer le plus de truc en lien avec Mélenchon (même si on oublie que je suis trop jeune de quelques mois pour pouvoir voter mais booooon, c’est pas important). Ma mère, on lui propose des trucs de ménagère de moins de cinquante ans, et un peu de Mélenchon aussi parce que sa jeune ado va forcément l’influencer dans sa décision de vote, parce que les algorithmes ont décidé que j’étais une militante de La France Insoumise. Merci les algorithmes, sans vous je ne l’aurais jamais deviné !

    Pour ce qui est de la blogosphère. Personnellement je ne suis pas beaucoup de blogs parce que j’ai du mal à dénicher des perles. Quand j’en trouve (genre aujourd’hui *wink wink*), je deviens une fan dévouée et j’en parle immanquablement sur les réseaux sociaux ou dans mes articles hors-sujet pour les présenter à mes lecteurs parce que BON SANG, POURQUOI C’EST PAS PLUS CONNU ? Que ce soit au niveau de la thématique (mes préférés abordent : la sociologie expliquée à travers la pop culture, les films des années 80-90, le blogging, l’écriture, et j’en passe.), du contenu et / ou de la personnalité, tout dans ces blogs me font juste me demander pourquoi diable je dois passer des heures sur Hellocoton ou à fouiller des groupes Facebook pollués de blogs lifestyle / mode / beauté qui se ressemblent TOUS avant de les trouver. Surtout sur Hellocoton où on retrouve toujours les même choses en Une : regardez ce look ! Regardez ces produits ! Voyez cette nouvelle tendance qu’on a déniché rien que pour vous et qu’il faut carrément suivre pour être à la page ? Ah oui, y a aussi machine qui a bien aimé cette série Netflix dont tout le monde parle déjà. Et puis attendez, regardez tous ces blogs healthy / verts / vegan ! (J’aime bien les blogs verts, qui parlent de nature. Et en soi, le veganisme est une super cause que j’admire énormément, même si je ne serais sans doute jamais vegan moi-même. Mais parmi ces blogs, combien sont nés par véritable passion, soucis éthique et besoin de partager ses réflexions, ses conseils ? Combien d’autres ne sont là que le temps d’une mode ? Ce sont les premiers que je respecte le plus. Les autres… au moins je me dis que cette mode part d’une bonne intention, et je ne juge pas les blogueuses qui ont décidé de s’y mettre car je le répète, je respecte les choix de vie de chacun ; mais je sais que leur contenu ne m’intéressera sans doute pas puisqu’il faut déjà être en plein dans cette tendance pour ça. Donc je ne suis pas le bon public pour ça.)

    J’aimerais tellement de la subversion, des gens qui vont à contre-courant de ce qu’on nous propose d’habitude. Plus d’articles de fond. Sans vouloir cracher sur les blogueuses mode ou beauté parce que ça demande quand même énormément de temps… Mais rien qu’en regardant les designs épurés et les photos quasi-transparentes tellement elles sont blanches, on se rend compte que c’est partout pareil. Alors moi je cherche des endroits un peu différents sur le web, dont je sais que le contenu me parlera vraiment et me poussera à laisser des pavés dans la section commentaire.

    1. Mais oui! Cette période d’élection présidentielle était très intéressante du point de vue des réseaux sociaux. Par exemple, moi j’avais tellement d’infos qui me parvenait et qui prêchait clairement une convaincue, j’avais tellement de potes qui partageaient des trucs qui m’interpellaient, tellement d’articles avec lesquels j’étais d’accord qui sortaient, qu’au final j’étais persuadée que le camp que je soutenais gagnerai. Et d’ailleurs quelques jours avant le premier tour je me posais la question : suis-je bernée par Facebook ?

      J’ai vite compris que oui malheureusement. À en croire mon feed, la victoire de la France Insoumise était sûre. Puis la suite on la connaît. J’imagine que du côté des autres couleurs politiques, c’était la même chose. À cause de ces algorithmes, on ne sait plus si on nage dans la réalité, la vraie, celle avec des nuances et des aspérités ou si l’on est simplement enfermé dans sa propre bulle.
      La réponse on la connaît. On a simplement un peu toujours l’espoir que notre bulle soit la plus grosse de l’aquarium.

      Pour ce qui est de la blogo, je te comprends totalement. C’est exactement le sentiment que j’avais quand je fouillais les blogs voyage avant de partir. Je cherchais du rêve, des sensations, des émotions. Je voulais que les textes me parlent, que les blogueurs me racontent. Pas qu’ils me disent froidement comment est tel endroit et ce qu’il y a à y voir et comment on s’y rend. Ces informations sont intéressantes mais ce n’est pas comme ça que j’ai envie de retourner sur un blog. Du coup, quand j’ai créé mon blog voyage, je me suis positionnée, avant toute chose, avec des « récits » de voyage, des carnets et pas de simples articles. Ma fibre à moi, c’est l’émotion, c’est ce qui me défini principalement. Je ne me voyais pas écrire des articles qui en étaient complètement dénuées. En revanche je me suis heurtée à un autre problème : c’était très compliqué de faire un référencement en bonne et due forme sans sacrifier mon texte et c’était aussi difficile d’accrocher les lecteurs. Après deux ans de blog, je suis encore une petite blogueuse au point de vue des stats mais je crois que mes lecteurs sont de qualité et ça finalement c’est important.

  2. Alors là, je me sens visée, lol. Je suis végétarienne, adepte de la slow cosmétique et du développement personnel (et je suis fan de licornes à paillettes). Tout ceci est le fruit d’une cheminement personnel, mais il se trouve que par hasard je suis devenue tout cela au moment où cela devenait à la mode sur la blogo (ce qui me ravit : moi qui n’ai jamais été à la mode de toute ma vie, voici enfin venue mon heure de gloire fashion ! XD ).

    Plus sérieusement, je suis à la fois d’accord et pas d’accord. Effectivement, l’algorithme de Facebook est un gros relou, pas seulement pour les publications sponsorisées plus ou moins pertinentes qu’il nous affiche à longueur de fil d’actualité, mais aussi en ce qui concerne la visibilité de nos pages de blogs – le but étant bien entendu de nous pousser à mettre la main au porte-monnaie.

    Pour Instagram, je ne sais pas, c’est un réseau social que je ne fréquente pas. Quant à Twitter, eh bien personnellement j’aime bien les punchlines : l’une des raisons qui font que je reste sur ce réseau en dépit du fait que je galère avec, c’est justement que beaucoup de twittos me font marrer.

    En ce qui concerne la blogosphère, on peut faire les mêmes expériences que beaucoup d’autres blogueurs, aller aux mêmes endroits, mais le raconter de manière totalement différente des autres – c’est justement cela qui fait la richesse de la blogo. Je comprends totalement ton argument sur la pensée binaire, qui est d’ailleurs fondé : on subit la pression de la société pour entrer dans un certain moule et c’est effectivement compliqué si ce n’est pas le cas. Cependant, je trouve qu’on y résiste bien plus qu’on ne le pense, notamment depuis quelques années.

    Cela dit, là où tu as totalement raison, c’est lorsqu’on veut vivre de son blog. J’aimerais monétiser le mien, je suis d’ailleurs actuellement une formation dans ce but (plus exactement je bêta-teste la future formation d’une connaissance qui a pour projet de se lancer dans le web-conseil) et je me rends compte à quel point mon blog et moi ne sommes pas assez vendeurs, parce que je ne fais pas tout ce qu’il faudrait que je fasse. Pourtant je fais beaucoup d’efforts en ce sens ; cependant je ne peux pas non plus modifier complètement la personnalité de mon blog ni ma façon d’écrire. Et pour tout avouer, depuis quelques jours je suis assez déprimée parce que je commence à me rendre compte que je ne vais probablement pas pouvoir monétiser mon blog sauf si je change des choses que je ne veux pas changer…

    Ah sinon, j’aime bien les minions, moi 🙂

    1. Je te rassure de suite : je suis écolo/bobo/socialo, j’aime mes design moderne et épuré, les cosmétiques et autres produits fait-maison et je lis les étiquettes de tous les aliments que j’achète. Je ne suis pas végétarienne mais j’ai aussi un avis bien tranchée sur l’alimentation en général.
      Bref, je suis un pur produit de la mode et le pire : j’aime ça.
      Malgré tout.

      Aujourd’hui, la mode va dans le sens des bonnes choses saines pour notre corps et notre esprit et c’est tant mieux, mais quand on prend un peu de recul et qu’on regarde autour de nous, on a l’impression que c’est mal de ne pas être comme ça.

      La société a toujours fonctionnée avec des effets de mode et elle ne cessera certainement jamais. Et oui, il y a de nombreux mouvements « dissident » mais parfois même eux, j’ai l’impression qu’ils sont victime de la mode.

      Ce que tu dis que la blogo est tout à fait vrai : on peut écrire à propos de la même chose mais le faire différemment. Sauf que bien souvent, ce n’est pas le cas. Les articles sont tous écrits de la même façons et c’est ce qui rend la blogo moins interessante… et ce que tu raconte concernant la monétisation de ton blog le prouve : comme dans la société, ton blog doit rentrer dans le moule « blog bankable » sinon tu n’en tireras rien. Et c’est triste . J’ai rencontré exactement le même problème quand j’ai commencé à m’intéresser au SEO. Je me suis rendue compte que c’était incompatible avec la personnalité de mon texte. Puis finalement, j’ai trouvé un compromis pour réussir à les référencer sans triturer tout mon texte : j’ai pris de la distance avec les points verts de Yoast. Après tout c’est un robot, et moi je ne parle pas à des robots mais a des humains.
      Et je suis persuadée qu’avec le temps, c’est les contenus les plus originaux qui seront les mieux référencé. Les articles qui ne font ni de la pub bonne parle à des robots.

  3. Bien sur qu’on n’est pas libre; notre cerveau est formaté et de plus en plus (a moins de vivre dans une grotte). Et il devient difficile de ne pas penser comme les autres, sinon on se fait rejeter, je suis d’accord. Sur beaucoup de sujets, je suis contre la pensee unique; je suis plutot de droite mais il vaut mieux etre de gauche en paroles parce qu’être de droite ca veut dire être mauvais, être dans le camp du mal. Donc je me tais pendant les discussions politiques. Et sur mon blog je parle rarement de sujets pretant a controverse, meme si j’aimerais (par exemple la surpopulation, le racisme ou l’immigration). pour moi la discussion devrait etre libre et indispensable, opposer des opinions pour pouvoir comprendre le point de vue de l’autre et savoir pourquoi il pense ainsi et que non il n’est pas forcemment un etre ignoble parce qu’il pense de telle facon. Il faut comprendre son contexte, son environnement. Or ce n’est pas possible si tout le monde se tait. Mais je suis lache et je me tais. Pas envie de rentrer en conflit. Je le reconnais.

    1. Je rêve aussi d’un monde ou les gens sauront s’exprimer correctement, sans aggressivité et avec des arguments. Peu importe le bord, il y a plein de fois quand je lis des « discussions politiques » je me demande juste POURQUOI certaines personnes pensent ce qu’elles pensent. Et c’est justement quand elles ont un point de vue radicalement différent du mien que ça m’intéresse le plus. Car prêcher pour sa paroisse et faire de l’entre soi, c’est rassurant mais ça va deux minutes.
      Je crois que tout le monde à le droit de penser ce qu’il veut, tant que la pensée est réfléchie et qu’elle n’est pas juste le fruit d’un formatage familial ou sociétal.

      Si tu écrivais sur les sujets que tu cites, ça m’intéresserait d’aller le lire et d’échanger avec toi.

  4. Excellent article !

    J’ai beaucoup de mal d’une manière générale avec tout ce qui est binaire, c’est drôle que je sois tombée sur ton article d’ailleurs car j’ai un peu l’impression que c’est en train de devenir mon cheval de bataille en ce moment. La pensée binaire en politique, pendant la présidentielle il y a peu, la pensée binaire beaucoup trop répandue dans ma profession de naturopathe (à base de ça c’est sain / ça c’est un « poison », par exemple), sur le web, et dans notre société en général…

    C’est caricatural, ça ne mène qu’à des discussions non constructives voire à du conflit et de la violence, bref, ça n’apporte rien. Pour moi, la sagesse, la raison, se trouve souvent quelque part dans la nuance entre deux choses présentées comme opposées.

    Mais je disgresse un peu par rapport au sujet de ton article, pardon ^^.

    Concernant le web et l’uniformisation des contenus, je suis d’accord aussi. De plus en plus, les blogs me déçoivent, car on y lit des articles non seulement 1000x lus ailleurs, mais aussi fréquemment sans substance. Un titre qui claque, 2-3 illus jolies, et puis un contenu hyper court, sans recherche, qui ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. Heureusement, il reste encore des exceptions. Des blogs dans lesquels on sent une âme, une vraie personnalité, et pas juste du contenu écrit pour les stats et l’influence.
    D’ailleurs, je suis très contente d’avoir découvert le tien. Hop, je te suis 🙂

    1. Je me retrouve totalement quand tu écris « Pour moi, la sagesse, la raison, se trouve souvent quelque part dans la nuance entre deux choses présentées comme opposées. »

      Je suis également de cette école qui préfère trouver une nuance plutôt que de parler en généralité. Et ça me dessert aussi parfois car j’ai tendance à ne rien prendre pour acquis et à un peu trop faire du cas par cas sauf face à des chiffres.

      Du coup, c’est aussi certainement pour cela que j’ai du mal à faire des choix, du mal à définir si une chose est bien ou mal, belle ou moche, voire même si j’aime ou j’aime pas. J’ai beaucoup de mal à prendre position car mon avis pourrait changer d’un contexte a un autre. Pour moi l’environnement, les tenants et les aboutissants sont presque aussi voire plus important que le cœur du sujet lui-même. Et ça peut donner lieu à des débats interminables…. haha

  5. Ah Laure! L’an passé, quand j’ai commencé à publier sur mon blog, j’ai eu une crise de « voyagite aigue » que j’ai soigné comme j’ai pu en surfant sur tous les blogs de voyage qui me passaient sous les yeux. Et j’ai fait exactement le même constat que toi, ça a soulevé exactement les même interrogations sur « pourquoi aller ici ou là, faire un voyage que tout le monde fait, est ce que ça vaut le coup,etc. », sur l’uniformité de ce que je pouvais lire et ça m’a énervé. A tel point d’ailleurs qu’à l’époque, je me suis défoulée dans un brouillon d’article que je n’ai jamais osé publier. Tu l’as fait, bravo!

    1. Tu devrais le publier cet article Marie, je suis sure qu’il est très intéressant à lire. Au final, même en voyageant, on se rend compte que c’est beaucoup plus facile de suivre les mêmes routes que tout le monde, et même nous, on le fait beaucoup. Mais malgré tout, j’espère proposer dans mon blog un autre regard sur ces destinations touristiques. J’espère que ma façon d’écrire les articles apporte autre chose à celui qui est en quête d’infos, de rêve ou qui, comme toi, souhaite soigner leur voyagite aigüe. ça fait longtemps d’ailleurs que je ne t’ai pas vu sur On Part Quand, je suis contente de lire ton commentaire ici 🙂 Bisous !

      1. 😀 et pourtant je te lis chaque fois que tu publies sur On Part Quand! C’est vrai que je ne commente plus trop, je traverse une grosse crise de créativité et ça m’empêche de rédiger correctement, de dessiner… Et puis Mich et moi préparons notre départ aussi, pour l’an prochain 🙂

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